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 Some things need to change | Emily

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MessageSujet: Some things need to change | Emily   31.05.14 20:05

Anton M. Svensson Emily Z. Abbott
Some things need to change
Participants ✦ Anton & Emily
Statut ✦ Privé
Lieu ✦ Maison d'Anton
Date ✦ Fin mai, weekend
Moment ✦ Début de soirée
Météo ✦ Étrangement ensoleillé mais frais
Prévention -18 ✦ Pas encore  :smile: 
PNJ ✦ Nope
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MessageSujet: Re: Some things need to change | Emily   31.05.14 21:13


Je me tenais devant la porte et je n'osais l'ouvrir. Ça faisait bien dix minutes que j'étais planté là comme un con, à regarder ce morceau de bois comme si c'était une œuvre d'art à la con que j'essayais de comprendre. Mais c'était loin d'être une œuvre d'art. C'était la personnification de mon cauchemar. Je levais la main, effleurant la poignée avant de brutalement retirer ma main comme si j'avais pris un coup de jus.   « Bordel. » Il fallait que je le fasse. Je ne pouvais plus laisser traîner les choses maintenant. Nastia avait raison, je devais aller de l'avant. Je fermais les yeux et tournais la poignée pour ouvrir la porte. L'odeur de renfermé m'assaillit, mais aussi son parfum. Même les yeux fermés, je pouvais parfaitement me représenter la pièce. Les tons vers anis et beige, le lit entre les deux fenêtres, le placard incrusté sur la gauche et la coiffeuse sur la droite. Et la petite pièce attelée. Je connais cet endroit par cœur. Je m'y suis réveillé pendant des mois. Après un soupir je finis par ouvrir les yeux. La vision de mon ancienne chambre me tord l'estomac. Je n'ai pas remis les pieds ici depuis son décès. J'avance lentement, chancelant quelque peu, avant de glisser la main sur le baldaquin du lit. Même si j'étais seul et que personne ne pouvait voir mes larmes, je ne pleurais pas. J'en étais incapable. J'allais du côté droit, de son côté. Ses lunettes de vue, sa montre et ses boucles d'oreilles s'y trouvaient encore. Je n'avais rien touché. Je frôlais le cadran de montre, me remémorant la première fois qu'elle m'avait dit ne pouvoir dormir sans le tic-tac de son mécanisme. J'avais râlé parce que je trouvais ça insupportable, et puis je m'y étais fais. J'avais accepté toutes ces excentricités, parce qu'elle apportait de la folie dans ma vie. Parce que je l'aimais.

Je me frottais le visage et allais ouvrir une fenêtre. Il fallait aérer, balayer son odeur et les souvenirs qui tapissaient la pièce. Je pris soin de ne pas aller prêt de l'arche. Il était encore trop tôt pour m'occuper de la petite pièce. Je retournais à l'entrée récupérer les cartons avant de m’atteler au placard. Des robes par dizaine de toutes les couleurs, des boîtes de chaussures, des chemises. Tout un tas de vêtements que je n'avais pas vu depuis deux ans maintenant. Les bouts de tissus ravivaient des souvenirs mais je décidais de ne pas les revoir, je prenais les vêtements sans aucune précaution et les fourrais dans les cartons. Ça me brûlait les entrailles mais je persistais. Très vite je terminais deux casiers sur quatre. Et les forces me quittèrent. Je tombais à genoux devant l'armoire, l'air me manquant. J'inspirais de grande goulées d'air, cherchant à respirer de nouveau mais c'était difficile. C'était comme si je me desséchais de l'intérieur. Je m'asseyais, le carton dégueulant ses vêtements entre mes jambes. J'attrapais une chemise et la portais à mon visage. Son odeur y était incrusté comme si elle venait juste de l'enlever. Je me laissais à inspirer fortement son parfum, me droguant de sa senteur avant de remettre le tissu dans la boîte. Je fermais ce carton avant de continuer à vider le placard.
Plusieurs cartons s'empilaient désormais devant le lit. Je ne savais pas encore quoi en faire, les garder ou les donner. Mes sœurs auraient sûrement de meilleures idées que moi. Je me dirigeais maintenant vers la coiffeuse. Une autre étape difficile. Je me laissais tomber sur la chaise. Des bijoux, des foulards, un peigne. Même son rouge à lèvre était encore là, intact, figé dans le temps. Instinctivement je portais la main à ma poitrine, sous mon t-shirt, à la chaîne avec son alliance. Elle ne l'enlevait jamais et elle ne me quittait plus. J'étais obligé de la garder. C'était une des choses dont je n'avais pas voulu me séparer. C'était le symbole de notre amour, comme la mienne que je refusais d'enlever. J'entendis des bruits dans le couloir derrière moi mais je ne relevais pas. Pasha s'ennuyait, il n'avait plus le droit à nos courses matinales ni à ma ronde dans le quartier. Andréas venait le sortir de temps en temps, mais j'étais conscient que je ne pouvais pas me soustraire à mes responsabilités éternellement.

La raison de mon changement d'attitude ? Ma nouvelle colocataire. Emily ou Elizabeth, peu importe, dormait dans une chambre d'amis. Pourquoi je l'avais accepté ? Aucune idée. Peut-être que je voyais en elle celui que j'étais, et que j'aimerais que quelqu'un m'aide. Peut-être qu'au fond, c'était elle qui m'aidait. Si on remontait les mois, jamais je n'aurais cru que j’accueillerais celle qui m'avait mit une raclée devant mon bar préféré. Mais preuve que les temps changent. Enfin bref. J'avais un peu évolué. Elle m'avait ouvert les yeux sur mon égoïsme qui bouffait ma famille. Je m'étais mis un coup de pied au cul et j'essayais d'aller de l'avant. Moins de boisson déjà. SI je réussissais à baisser ça, j'arriverais à récupérer ma dignité et avec ça mon job. Ça me manquait mon travail. Le bruit que j'avais entendu résonna plus fort. Je tournais la tête vers la porte pour découvrir ma colocataire sur le pas de la porte, le regard braqué sur moi. Je me stoppais net.   « Qu'est-ce... » Je me levais brusquement, manquant de renverser la chaise. « Qu'est-ce que tu regardes ?! » Ouch. Ma voix était sortit agressive plus que je ne l'avais voulu.
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MessageSujet: Re: Some things need to change | Emily   13.06.14 17:41

En trois mois, beaucoup de choses peuvent changer, arriver, se passer. Beaucoup de choses finissent par pouvoir chambouler votre vie et prendre un autre tournant. En trois mois, tout peut passer du blanc au noir ou du noir au blanc sans même que vous puissiez vous en douter. En trois mois, ma vie a changée et j'avais gagné un ami et perdu un « amour ». Oui, en si peu de temps, Anton avait pris une petite place dans ma vie, ou plutôt une place dont je ne connaissais pas réellement l'importance. Et puis, James avait quitté ma vie. Après quelques mois de mensonges, j'avais fini par tout arrêter et lui rendre sa liberté. C'était plutôt cruel vu qu'il avait envisagé de m'épouser ou plutôt d'épouser Em' mais, je ne pouvais pas lui mentir plus longtemps. Je n'y arrivais pas, je n'y arrivais plus. Quand j'étais tombée sur cette bague, j'avais bloquée pendant une bonne dizaine de minutes. Un tas de questions m'était venu en tête. Des questions qui en entraînaient d'autres et j'avais fini dans une spirale où chaque pensée amenait une autre pensée. J'avais fini par conclure et comprendre que je n'arriverais jamais à être avec lui comme Em a pu l'être. Nos moments d'amour ne m'avait jamais émoustillée ou disons pas comme ils l'auraient dû. Et puis, il n'était pas réellement mon genre en fin de compte. Non, il n'était en rien le style d'hommes que j'aimais. A vrai dire, mon style d'hommes c'était plus brun aux yeux verts ou blond aux yeux bleus. Comme Julian ou comme...Anton. Je mentirais si je disais que ce dernier ne me plaît pas. Bien au contraire, il a un charme fou et si nous n'étions pas dans cette espèce d'amitié bizarre, j'aurais pu céder. Enfin, si on oublie le fait qu'il est toujours éperdument amoureux de sa défunte femme. Petit détail qui change tout. Autant vous dire qu'il restera inaccessible.
Enfin, je ne sais pas. Il est assez proche de moi quand on sait comment tout ça a commencé. Il est de plus en plus tactile, il se laisse de plus en plus approcher. Je ne sais pas ce qu'il se passe réellement mais, je suis plutôt troublée par cette relation bizarre que nous avons. En même temps, tout ça a commencé d'une façon bizarre. Un flingue sur la tempe et une fille qui vous met la racler, ça n'est pas fréquent. D'ailleurs, il me dit toujours qu'il finira par prendre sa revanche et me mettre une pâté mais, je le laisse doucement rêver parce que ça n'arrivera jamais.

J'étais partie en ville pour faire deux/trois courses et surtout, prendre l'air et faire le tour des agences immobilières. Anton était plutôt d'humeur maussade ces derniers jours alors il n'était pas réellement d'une bonne compagnie. Parce que oui, depuis ma rupture avec James, je me suis réfugiée chez lui. Mais c'est temporaire. Le temps que je trouve un chez moi et autant vous dire, ce n'est pas gagné... non pas que Fairbanks soit cher mais plutôt que je ne trouvais pas tellement mon bonheur, un endroit où je me sente chez moi. Alors, je rebroussai chemin après avoir passé trois bonnes heures dehors à éplucher toutes les locations ou ventes d'appartements possibles. Rien, soit c'était pas dans mon budget soit ça ne me tentait pas. Ça risque d'être long... J'entrai dans la maison et Pasha vint m'accueillir comme un fou, content de me voir. « Et alors mon beau, il est où ton maître? » Il fit un gémissement avant de partir vers les chambres. Je compris qu'il était là-bas alors je déposai mes affaires, me débarrassai de ma veste avant de me diriger vers l'endroit où Pasha se trouvait. Je lui caressai la tête avant de me tourner vers la chambre et je me stoppai à l'entrée comme paralysée. Je ne l'avais encore jamais vu mais je compris de suite que c'était LEUR chambre. J'avançai un peu dans la pièce alors qu'Anton se tourna vivement vers moi.   « Qu'est-ce... » Je me tendis lorsqu'il se leva brusquement comprenant que je n'avais rien à faire là pour lui. « Qu'est-ce que tu regardes ?! » Son ton était sec, dur et froid. Je frissonnai face à cet homme plein de rancoeur et d'amertume et reculai comme pour le fuir. Sauf que le destin s'acharnant sur moi, je renversai un carton en faisant marche arrière. Je me baissai pour ramasser lorsque je vis le contenu. Des habits de femme. Non, des habits de SA femme. Je lâchai tout. « Je... je suis désolée... je ... » Je ne finis pas ma phrase préférant prendre la poudre d'escampette. J'attrapai mes clés, enfilai mes baskets et pris le chemin de la porte pour partir faire un footing. J'entendis les pas d'Anton résonner derrière moi au moment où je mettais la main sur la poignée de la porte. « Je ne voulais pas t'interrompre... Je vais courir un peu... » Et j'ouvris la porte. J'avais qu'une envie, le fuir et éviter le conflit. J'étais lasse et fatiguée de me battre avec lui. Mais surtout, je me rendais compte que ça me faisait quelque chose de le voir au milieu des affaires de sa femme comme une sorte de jalousie dont je n'avais pas le droit de faire preuve.


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MessageSujet: Re: Some things need to change | Emily   14.06.14 15:55


Ma réaction avait été plus agressive que je ne le voulais, mais c'était toujours comme ça quand ça touchait à mon passé. Dans cette pièce où je n'avais plus mis les pieds depuis longtemps, la peine que je refoulais prenait le dessus sans que je puisse le contrôler. Le fait qu'une autre femme entre dans cette pièce me mit mal à l'aise. C'était comme une trahison à son[/] souvenir. Emily recula comme apeurée par mes mots, et dans son geste, elle percuta des cartons. Je regardais la scène sans bouger, comme anesthésié. Le carton s'ouvrit sur des vêtements de mon Alice. Elle se pencha pour tenter de ranger mais en en découvrant le contenu, elle se figea. « Je... je suis désolée... je ... » souffla-t-elle avant de subitement quitter mon champs de vision. Je laissais passer une minute ou deux avant d'enfin bouger. Je rangeais rapidement le carton ouvert avant de quitter la pièce et de fermer la porte à clé. Je me précipitais derrière Emily, ne sachant pas encore ce que j'allais lui dire. Je la trouvais s’apprêtant à sortir, le corps encore tendu de notre échange. « Je ne voulais pas t'interrompre... Je vais courir un peu... » J'étais partagé. Je voulais la laisser partir parce qu'elle n'était pas censé voir cette pièce, et encore moins renverser [i]ses affaires. C'était pénétrer comme dans une église. Un territoire sacré où le désordre n'était pas toléré. Et puis j'avais envie la garder ici. Parce que je veuille le reconnaître ou non, depuis qu'elle était là, je changeais un peu plus chaque jour. En sa présence, je pouvais être comme je voulais. Aigri, triste, souriant, bagarreur ou silencieux. Elle acceptait tout de moi et ne cherchait pas à ce que je me justifie. C'était reposant de ne pas avoir à penser à ce que je faisais ou disais.

« Non. Heu..Attends. » J'avais enfin réussis à parler. Elle se tourna vers moi, m’interrogeant du regard. Je pouvais deviner la gêne qu'elle ressentait. Et c'était moi qui l'avait mit dans l'embarras. Le souvenir perpétuel d'Alice flottait dans la maison, dans presque chaque pièce à vrai dire et elle devait se sentir de trop dans cette relation que j'entrenais avec un fantôme. « T'as pas à être désolé. » C'était vraiment nouveau pour moi de discuter. Avec une femme. J'avais l'impression de redevenir un adolescent qui n'avait aucune confiance en lui. Elle me déstabilisait, et ce depuis ce jour au bar. Je savais presque tout de sa vie, de son mensonge et ça m'allait. Après tout, elle avait ses raisons d'avoir fait ce qu'elle avait fait, j'étais mal placé pour dire quelque chose. « Tu pouvais pas savoir ce qu'il y avait dans ces cartons. Dans cette pièce. Enfin si tu savais, mais...'fin c'est pas grave.  » Il fallait que je la rassure. Je ne voulais pas qu'elle se sente mal parce qu'au final, ce n'était que des vêtements. Je vis son corps se relaxer un peu, mais pas complètement. Pasha, attiré par nos voix, vient se placer à mes côtés comme à son habitude. Je me penchais légèrement pour caresser sa tête, le rassurant lui aussi. « De toute façon j'crois bien qu'il est temps que je range tout...Tout ça.  » Je me frottais le front, essuyant la sueur que tout ces souvenirs avaient engendré. J'avançais vers la porte d'entrée, m'approchant d'elle par la même occasion. Elle n'avait pas bougé, son regard me suivant jusqu'à ce que je sois face à elle. Alors je passais le bras derrière elle pour fermer la porte. Nos respirations entrèrent en contact, et constatant notre proximité » je m'éloignais, un peu rapidement je l'avoue. « C'est aussi chez toi maintenant. T'as pas à fuir parce que t'es mal à l'aise. C'est à moi de faire en sorte que ça se passe bien.  »

Je m'entendais et je ne me reconnaissais pas. Enfin si je me reconnaissais. Je retrouvais l'Anton d'avant. L'égoïsme m'avait collé à la peau depuis de nombreux mois, mais ça changeait. Nastia avait finit par baisser les bras. Elle avait sa vie à gérer et je m'en rendais compte seulement maintenant. Alek essayait comme il pouvait de m'aider mais, à sa place, j'aurais abandonné à la première remarque. Et puis Emily. Son caractère semblable au mien m'avait prit au dépourvu, je me reconnaissais en elle et de ce fait, je l'appréciais. C'est ça qui m'angoissait. Elle était la première femme pour qui j'éprouvais de l’intérêt. Quand elle avait rompu avec James, je l'avais invité à venir à la maison. Sur le moment, je m’étais dis que je lui rendais service. Connaissant son secret, elle n'aurait pas à faire attention à tout. Mais je n'avais pas pensé qu'elle entrerait dans mon monde, dans le nôtre. « Tu devrais te sentir chez toi quand tu passes cette porte. » Je m'éloignais, retournant où je me trouvais avant. J'essayais d'être à la fois proche et distant. Pour l'instant, je ne savais pas ce que je voulais d'elle.

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MessageSujet: Re: Some things need to change | Emily   08.07.14 15:19

Sa réaction avait été violente mais je ne lui en voulais pas. Je comprenais même. J’étais entrée dans un endroit où je n’aurais pas du, qui ne me concernait absolument pas. Je ne pouvais donc pas lui en vouloir d’avoir vivement réagi. J’aurais fait la même chose si quelqu’un était entré dans l’ancienne chambre d’Em. J’aurais mis la personne dehors, à coup de coups de pieds aux fesses tout en leur disant d’aller voir ailleurs si j’y étais. Et puis, je suis qui pour lui reprocher ? Personne. Je ne suis personne à part une étrangère qui occupe la maison d’un ami. Je n’ai aucun droit de me plaindre de son attitude alors qu’il m’héberge gentiment vu que je n’ai plus de toit sur la tête. Non, je ne pouvais pas lui en vouloir parce qu’après tout, je ne suis pas grand-chose à ses yeux et je n’avais pas la prétention de le devenir. Personne ne détrônera jamais sa femme, j’en suis sûre et certaine. Son cœur restera à elle et même si un jour quelqu’un arrive à entrer dans sa vie, elle ne pourra jamais avoir la même place. Comme personne ne prendra jamais la place d’Emily dans ma vie.


« Non. Heu..Attends. » Il me retint par ces quelques mots mais, j’avais envie de le fuir. Je me rendais compte que je m’attache beaucoup trop à lui alors que ce n’est pas son cas. Comment le pourrait-il d’ailleurs. Il m’a voué une haine sans nom pendant quelques temps avant que je ne lui balance la vérité et qu’il ait pitié de moi.  « T'as pas à être désolé. » Je n’ai pas à l’être mais je le suis. Je perturbe déjà sa vie en habitant dans cette maison qui avait été témoin de beaucoup de souvenirs. Je ne pouvais pas prétendre être chez moi alors que rien ne me rattachait à cette maison sauf mon ami. « Tu pouvais pas savoir ce qu'il y avait dans ces cartons. Dans cette pièce. Enfin si tu savais, mais...'fin c'est pas grave.  » Je me relaxai un peu à l’entente de ces mots. Oui ce n’était pas grave mais ça me mettait mal à l’aise quand même. Comment j’ai pu être aussi bête d’entrer dans cette chambre alors que je m’étais douté de ce qu’elle cachait, renfermait. Pasha vint vers nous et se plaça auprès de son maître qui lui caressa la tête avec tendresse. Ça faisait plaisir de le voir redonner de l’attention à son chien. C’était rare mais ça faisait du bien. « De toute façon j'crois bien qu'il est temps que je range tout...Tout ça.  » Je lui souris tristement, comprenant que c’était une étape difficile pour lui. Il faut bien avouer que c’est dur de tourner une page telle que la leur après tout ce temps. Il avança vers la porte et je ne bougeai pas comme si j’avais peur de l’effrayer, de l’éloigner. Je le suivis simplement du regard, examinant minutieusement ses gestes.

Son bras passa derrière moi et je sentis une sorte d’électricité entre nous comme si nos corps étaient comme deux aimants qui voulaient se coller malgré la force qui les empêchent de le faire. Il se rendit compte de ce qu’il venait de faire et s’éloigna. « C'est aussi chez toi maintenant. T'as pas à fuir parce que t'es mal à l'aise. C'est à moi de faire en sorte que ça se passe bien.  » Je rougis un peu, gênée qu’il me dise ça. Je ne suis pas chez moi et je ne le serais sûrement jamais mais j’appréciais son intention. « Tu devrais te sentir chez toi quand tu passes cette porte. » Je lui souris timidement avant de m’approcher de lui et de prendre sa main dans la mienne en signe de remerciement. Ce ne fut pas long mais c’était l’intention qui compte non ? Ca me touchait qu’il essaie autant de faire en sorte que je me sente comme chez moi et ça faisait plaisir. « Je te remercie, ça me touche. » J’étais sincère et j’espérais qu’il le sente. « Mais, je n’ai pas ma place dans ces murs Anton. Tu as vécu tant de choses avec ta famille que je ne peux pas prétendre être chez moi. J’apprécie ton hospitalité mais je dois me trouver un chez moi. Je te laisserais tranquille et ça sera plus facile pour toi pour faire ton deuil. » Je mentais sur le fait que je ne pouvais pas rester ici. Je me sentais quand même bien ici, près de lui. Je me sentais enfin moi, vivante et libre. Je me sentais presque légère malgré tout ce que nous avions vécu lui et moi. Malheureusement, je savais que si je restais, j’allais tomber dans un cercle vicieux. Je commençais à m’attacher à lui, appréciant plus que je ne devrais sa présence. Il n’était pas du tout mon style d’homme et pourtant, je commençais à tomber un peu plus sous son charme. Me demandait pas pourquoi, je ne saurais pas répondre. « Ce n’est pas parce que je suis ici qu’il faut que tu ranges cette partie de ta vie. Je ne te juge pas et je ne te jugerai jamais. Un deuil, c’est pas comme la perte d’un ami après une dispute, on a besoin de temps pour sortir la tête de l’eau. » Mes yeux s’humidifièrent un peu, pensant à ma sœur et à la douleur qui me tiraillait le cœur à chaque fois que j’y pensais. Elle était mon talon d’Achille et en me l’otant, on m’a blessée. Gravement. Je le regardai une dernière fois avant de commencer à prendre le chemin de ma chambre pour lui laisser un peu d’espace et pour m’isoler.


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MessageSujet: Re: Some things need to change | Emily   13.07.14 17:35


Je redevenais comme avant. Je le savais. C'était très perturbant de reprendre mes habitudes, mes manies. Pendant deux ans et plus, je n'avais plus été moi-même l'espace de quelques secondes. Je n'avais plus agis comme celui que tout le monde connaissait. Mes émotions m'avaient complètement dominé, faisant de moi une loque imbibée d'alcool. Et il suffisait qu'elle entre dans ma vie pour que cela change. J'avais essayer de me persuader qu'elle n'y était pour rien, mais la vérité était là. Émilie n'avait fait qu’emménager chez moi et j'avais franchis la plus grosse étape de ma rédemption : le rangement de la chambre. Je n'avais pas été capable de m'approcher ne serait-ce qu'une fois de la porte avant qu'elle ne vienne vivre ici. Pourquoi tout changeait maintenant ? Je ne sais pas. Enfin je ne veux pas savoir. Il y a quelque chose chez elle qui me donne envie d'aller de l'avant, mais je ne veux pas vraiment me l'avouer. Au moment où elle prend ma main, je sens mon estomac se nouer. Le contact fut bref mais intense, elle avait sûrement perçu ma tension. « Je te remercie, ça me touche. Je sentais qu'elle ne s’arrêterait pas là. « Mais, je n’ai pas ma place dans ces murs Anton. Tu as vécu tant de choses avec ta famille que je ne peux pas prétendre être chez moi. » Je pensais pourtant avoir tout fait pour qu'elle se sente chez elle. J'avais échoué. « J’apprécie ton hospitalité mais je dois me trouver un chez moi. Je te laisserais tranquille et ça sera plus facile pour toi pour faire ton deuil. » Deuil. J'étais en deuil depuis deux ans maintenant. J'avais stoppé ma vie le jour où je les avais perdu, je m'étais privé de bonheur comme pour me punir de leur avoir survécu.  Maintenant je commençais à comprendre que je n'aurais rien pu faire de plus. J'avais été là, avec elles, j'avais prié et psalmodié tout les divinités possibles mais ça n'avait rien fait. Le destin pouvait être cruel parfois.

Je l'observais, cherchant à savoir ce qu'il se passait dans sa tête. Elle était tellement difficile à cerner. Muette par moment, fermée à d'autres ou juste  absente. Je n'avais aucune idée de ce qu'elle pouvait ressentir. Était-ce du à son ancien métier ? A la perte de sa sœur ? Je pouvais sentir que sa peine faisait écho à la mienne. « Ce n’est pas parce que je suis ici qu’il faut que tu ranges cette partie de ta vie. Je ne te juge pas et je ne te jugerai jamais. Un deuil, c’est pas comme la perte d’un ami après une dispute, on a besoin de temps pour sortir la tête de l’eau. » Exactement ce à quoi je pensais. Elle savait de quoi elle parlait, elle comprenait ce que je vivais comme moi avec elle. Alors pourquoi ne voulait-elle pas rester ? Nous pourrions vivre tout les deux ici. Nous n'aurions pas à nous cacher derrière des faux-semblants, elle pourrait être elle-même et ne pas prétendre être sa sœur. Je n'aurais pas sans cesse à assurer que tout va bien. Elle me maintiendrait en vie. Je restais silencieux, assimilant chacun des mots qu'elle prononçait. Ranger une partie de ma vie. Ranger mes souvenirs. Si je voulais aller de l'avant, il faudrait que j'arrête de vivre en arrière. Je ne dis rien alors que je la voyais s'éloigner, en direction de sa chambre. Elle quitta mon champs de vision et en un centième de seconde je lui courrais après. « Attends ! » Elle se tourna vers moi, haussant un sourcil. « Tu sais ce que j'ai traversé, et ça mieux que personne. C'est pour ça que … que j'ai besoin de toi ici. Parce que c'est facile de vivre avec toi, j'suis pas obligé de faire semblant.  » Les mots que je prononçais me collèrent le rouge aux joues. Je ne savais pas si ce que je disais pourrait changer quelque chose, mais je n'avais rien à perdre. « T'as pas à partir. Ici t'es en sécurité, ton secret est en sécurité.  » Appuyer sur ce point là pourrait la convaincre de rester ici, mais au fur et à mesure que je la regardais, je savais qu'il n'y avait pas que ça comme raison.

Je fis quelques pas dans sa direction. Plus grand qu'elle, je posais mon regard sur son visage. Elle portait les marques des épreuves de vie qu'elle avait subit, des cicatrices que j'étais le seul à voir. J'avais l'impression de me voir moi, à travers elle. « Il est temps que je range cette partie de ma vie. Vivre dans le passé ne m'apportera rien à part la solitude. J'ai laissé les miens de côté pendant trop longtemps...  » Je n'avais pas été capable de voir  qu'Ava et Andréas avaient besoin de moi. J'avais blessé mes parents par mon auto-destruction, les laissant s'inquiéter alors que je cuvais dans des bars. Mais le pire c'est que je m'étais complètement reposé sur Nastia. Ma sœur, ma précieuse et fragile Nastia, avait été le témoin de ma déchéance et je m'en voulais pour ça. « J'ai déjà fais mon deuil, il faut juste que je le reconnaisse. Je n'oublierais jamais Alice mais elle n'aurait pas voulu que je finisse comme ça...  »Seul c'est le mot que je voulais prononcer mais je n'y arrivais pas. Qu'est-ce que cela sous-entendrait ? Est-ce qu'elle le comprendrait ?
Je la fixais toujours, cherchant à déceler la moindre réaction. Je voulais qu'Emily..Elizabeth me montre ce qu'elle ressentait. Comme tout à l'heure près de la porte, je me penchais vers elle. Pourquoi ? Aucune idée. J'avais juste l'impression que c'était ce que je devais faire. « Reste. Reste avec moi. » Ma voix avait été plus un souffle qu'autre chose.
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