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 And disappeared in front of my eyes | Marlon

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MessageSujet: And disappeared in front of my eyes | Marlon   05.06.14 20:59

Harper Jones Marlon Anderson
And disappeared in front of my eyes
Participants ✦ Harper et Marlon
Statut ✦  privé
Lieu ✦ Pâtinoire
Date ✦ Début Mai
Moment ✦ Après-midi
Météo ✦ Ciel couvert, vent frais
Prévention -18 ✦ Pas du tout :smile:
PNJ ✦ Nope


Dernière édition par I. Harper Jones le 05.06.14 21:07, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: And disappeared in front of my eyes | Marlon   05.06.14 21:07




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When I look back never would have known that.You could be so cold, like a stranger vanish like a vapor. There's just an echo where your heart used to be.Now I see it clearly.




Je vérifiais une énième fois que j'avais tout ce dont j'aurais besoin avant de quitter l'appartement. Je ne voulais pas prendre le risque de faire un aller retour inutile et bien fatiguant pour ma jambe. Mon sac en bandoulière, plein de crayons, feutres et pinceaux et un tote-bag à l'épaule avec plusieurs carnets. C'est bon j'avais tout. J'enfilais mon manteau et sortais de l'appartement, fermant soigneusement derrière moi. Je n'aurais jamais imaginé venir habiter dans ce si beau quartier, pas avec un salaire de barista en tout cas mais Clio me l'avait proposé. Vivre avec elle était plus bénéfique que je ne l'aurais pensé. Elle m'aidait à me sentir mieux, à  faire travailler ma mémoire. J'avais fais beaucoup de progrès selon elle, il paraît même que je retrouvais certaines de mes habitudes. Et puis je l'aidais elle. Clio avait perdu son frère, mon cousin, dans un accident de voiture et me voir débarquer avait remué de vieux souvenirs. Nous étions deux âmes brisées dont la simple présence de l'autre arrivait à nous calmer. C'était d'ailleurs grâce à elle que j'avais repris les études. Ma cousine m'avait assuré qu'avec mon jeune âge il serait dommage de perdre mon temps, et que l'art serait sûrement le meilleur choix pour moi. Je lui faisais confiance et avais accepté. Voilà pourquoi je me trouvais en route vers l'université avec deux sacs plein d'affaires de dessin.

Le campus se dessina enfin devant moi, mais je pris la direction de la patinoire. Je n'avais pas l'intention de chausser des patins, mais de dessiner ceux qui s'en servaient. Je n'étais pas sportive, loin de là même, mais les mouvements des sportifs c'était un formidable sujet. Que ce soit des coureurs, des gymnastes ou des hockeyeurs, les voir s'animer de passion était toujours un beau spectacle.  Je m'étais renseignée quelques jours avant, les jeudi après-midi étaient réservé à l'équipe de Hockey du campus. Ils avaient apparemment un plutôt bon niveau et le directeur du campus espérait beaucoup d'eux.  Je trouvais donc cela intéressant de travailler sur eux. Une fois à l'intérieur du bâtiment, mon regard fut de suite attiré par une groupe de jeunes filles au premier rang, presque collé à la vitre, en train de rigoler. Je soupirais avant d'aller m'installer beaucoup plus haut, histoire d'avoir une vue d'ensemble. La meute de demoiselles m'observa un instant avant de se retourner vers la glace. Certains joueurs étaient déjà là, s'échauffant devant leurs spectatrices. Je leur lançais un dernier regard avant de sortir mes affaires.

Je retirais mon manteau, révélant mon pull à capuche noir et mon jean brut. Je n'avais pas besoin de faire d'efforts pour une séance de dessin.  Clio veillait à ce que je devienne un peu plus féminine, me proposant de me débarrasser de mon rose mais j'avais refusé. Je m'étais faite à cette couleur, cela faisait partit de moi. M'installant en tailleur,  le carnet sur les genoux, je remontais mes cheveux en un chignon fouillis avant de prendre mon crayon et de lever la tête.
Six, peut-être sept joueurs étaient maintenant en place, commençant à s'envoyer le palais. Je commençais à dessiner rapidement des silhouettes, il fallait que je me familiarise avec mes nouveaux outils. Est-ce que je faisais cela avant mon accident ? Est-ce que je suivais ce cursus ? Impossible de savoir. Même Clio ne le savait pas. Le campus de Berkeley que je devais visiter avec mon père possédait plusieurs filières très différentes alors les choix étaient multiples. La seule personne qui pourrait m'aider se trouvait je ne sais où, et pensait sûrement que j'étais morte. Et pour l'instant, j'hésitais encore à prendre contact avec elle. « Oh ce qu'il est beau le numéro dix-sept ! » Je détournais le regard vers la petite troupe « C'est clair ! J'en ferais bien mon goûter. » J'haussais les sourcils. On se plaignait des mecs et de leurs remarques, mais les filles n'étaient pas mieux. J'espérais de tout mon cœur ne pas avoir été une groupie de ce genre, à venir mater les garçons s’entraîner.  Mon regard se mit à chercher le dit numéro , curieuse de savoir quel genre de garçon elles pouvaient aimer. Je le trouvais enfin, le suivant des yeux. Carrure sportive, taille normale et à fond dans ses mouvements. Je pris une nouvelle feuille et commençais à le dessiner. J'étais loin pour distinguer son visage alors je me contentais de dessiner sa silhouette. Il se mouvait sur la glace avec aisance. Il devait vraiment aimer ce qu'il faisait. La meute s'écria une nouvelle fois, leurs voix résonnant dans la patinoire, m'arrachant à ma contemplation. Leur attitude me fit soupirer une fois de plus, et je décidais de me concentrer sur mon modèle. Modèle qui était actuellement en train de me fixer. Je le vis retirer son casque, son visage se révélant enfin. Oh.

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MessageSujet: Re: And disappeared in front of my eyes | Marlon   05.06.14 22:55

I stared up at the sun, thought of all of the people, places and things I’ve loved. I stared up just to see, of all the faces, you were the one next to me.. ♪♫ -crédit blackheart+onerepublic.


   
« ANDERSON, réveilles-toi vieux ! » Je grognais, me sortant ma sieste improvisée sur les gradins de la patinoire. Un genoux relevé, mon avant bras calé sous ma tête, j'ouvrais doucement les yeux afin d'observer mon assaillant. « Quoi ? » « On commence dans quinze minutes, bouge ton cul. » J'acquiesçais silencieusement tandis que mon coéquipier s'en allait. Aujourd'hui, c'était entrainement et comme tous les jeudi, j'étais réuni avec eux afin de parfaire notre esprit d'équipe et nos jeux. Je revenais de Chicago depuis deux ans où j'avais côtoyé une autre équipe mais à vrai dire, en m'intégrant à celle-ci, c'était comme si j'étais revenu tout simplement chez moi. En effet, faisant du hockey depuis mon plus jeune âge, je ne côtoyais que des jeunes avec qui j'avais grandit, contre qui j'avais joué. Et sincèrement, l'équipe de Chicago était peut-être moins chaleureuse, mais elle restait plus performante. En même temps, elle était parmi les meilleures sur le podium au niveau national, alors cette place, ils la méritent. Fairbanks University n'est pas mauvaise, mais elle a encore des progrès à faire. Je m'étais retrouvé rapidement capitaine de l'équipe de l'université car je semblais être celui avec le plus d'expérience et le plus de tact. Un rôle qui m'allais bien et qui me plaisais. Pourtant, je trainais pour aller me changer mais cela, ce n'est pas bien inquiétant. Une énorme fatigue me prenait ces temps-ci. Entre mes révisions, la période mid-terms, Eleanore, mes rendez-vous avec Lily, le déménagement, le club de l'université et celui de la ville, j'étais quelque peu surchargé.

En me levant, je pris bien le temps de m'étirer, craquant quelques os de ma colonne vertébrale. Oui je sais, c'est très classe tout ça. D'un pas assez lent, je me trainais alors jusqu'aux vestiaires où mes coéquipiers s'amusaient à se jeter des protections aux visages. Adultes vous m'avez dit ? Pas tout à fait encore. « Anderson, t'as vu les greluches qui te mataient tout à l'heure ? Je suis sûre qu'elles mouillent en te voyant jouer ! » Ils savaient tous pour Eleanore, ils étaient même un peu frustrés que je sois aussi bien casé. Je ne comprenais toujours pas leur engouement à me rappeler mes groupies et leur inventer certaines.. prédispositions. En plus, je n'étais bien sûr pas le seul à avoir une sorte de 'fan club', ils en avaient autant que moi. « Mais oui Peters, c'est plutôt toi qui mouille rien qu'en me voyant jouer. Pour ça que t'arrives jamais à mettre un but contre Jared. » Je lui adressais un sourire narquois tandis que des bruits amusés et de cohue s'élevèrent de la part du reste de l'équipe. Une vraie bande de joyeux lurons.

Une fois équipé, je vins près de la piste. « Bon les mecs, un peu d'échauffement. On tourne, Jared et Adkins vous vous concentrez sur les filets aujourd'hui. » Tous obtempérèrent tandis que j'ignorais les gloussements près de moi. « C'est clair ! J'en ferais bien mon goûter. » J'affichais les yeux ronds. Avais-je bien entendu ? En un regard vers elles, je déclenchais une dizaine de gloussements et très vite, je me précipitais sur la glace avant qu'elles n'accourent vers moi. Quelles idiotes. Je commençais à m'échauffer comme mes coéquipiers, tapant du palet contre Adkins de temps à autres. J'améliorais comme je pouvais ma vitesse également, je ne m'essoufflais pas très vite. J'adorais cette fraicheur qui s'élevait de la glace, contrastant avec la chaleur de mes mollets en action. En extrémité de la piste, je pris alors une pause afin d'observer tous les joueurs se débrouiller. « O'Hara, plus vite. Rimmers, évite de frapper la glace aussi violemment, soit plus agile dans tes gestes. » Je les commentais, j'étais là pour cela et aucun ne m'en voulait. J'adressais un regard un peu agacé aux jeunes filles juste derrière la vite qui était derrière moi et je m'en allais de l'autre côté de la glace. Mon regard accrocha alors une douceur féminine un peu plus hautement perchée sur les gradins. C'était la première fois que je la voyais aux entrainements. Elle semblait nous observer tout en gribouillant quelque chose. Était-elle du journal de l'université ? Nous n'en avions pas été avertis. Je m'approchais alors, découvrant mon visage afin de mieux l'observer en détail. Non. Impossible. Mon cœur se serra et je ne pus me concentrer sur autre chose que ses doux traits. Elle ressemblait tellement à Isla, était-ce un mirage ? Non, bien sûr que non, elle me fixait étrangement. Peut-être se demandait-elle pourquoi je la fixais ainsi, pourquoi avais-je fait tomber ma crosse, pourquoi même n'avais-je pas fait attention et m'étais-je prit un joueur foncant sur moi. J'étais resté en plein milieu, tétanisé, foudroyé d'émotions et de souvenirs. « PUTAIN ANDERSON ! » Je me réveillais, ramassant ma crosse. J'avais été projetté quelques mètres plus loin sans me faire pour autant mal. Je me laissais sortir de la piste, bien trop tourmenté pour pouvoir tenir sur des patins. Patins que j'enlevais rapidement, les tenant du bout des doigts, je me présentais à elle. J'avais une difficulté inouie à monter les derniers mètres qui nous séparaient et pourtant, une envie fulgurante de la voir de façon plus détaillée. Je n'y croyais pas, elle semblait être là, devant moi. Était-elle son sosie ? Au moindre petit parfait détail alors. Au fur et à mesure que je m'approchais, ma gorge se nouait. Tant d'émotions bouillonnaient en moi, j'avais du mal à me contenir. D'une voix un peu brisée, j'osais. « Isla ?. »

   
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Dernière édition par Marlon Anderson le 07.06.14 23:57, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: And disappeared in front of my eyes | Marlon   06.06.14 13:24




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Il me fixait. Pourquoi ? Je n'en avais pas la moindre idée. Je l'imitais, l'observant, le crayon toujours en main. Le temps défila lentement autour de nous. Il fit quelques pas dans ma direction avant d'être violemment percuté par un autre joueur. Son corps heurta la glace et glissa sur plusieurs mètres. Je lâchais mes affaires et me relevais d'un bond, les mains sur le visage. Je n'étais pas encore habituée à la violence de ce sport. Il mit quelque secondes à se relever comme si il n'avait pas remarqué se chute.  « PUTAIN ANDERSON ! » Une voix me fit sursauter, me tirant de ma contemplation. Le numéro dix-sept, ou Anderson, se releva un peu difficilement mais il semblait aller bien. Aussitôt debout, il porta de nouveau son attention sur moi. Je n'arrivais pas à savoir si je devais être flattée ou gênée. Je le vis se diriger vers la sortie, retirer ses patins et marcher dans ma direction. Qu'est-ce qu'il voulait ?
Je me baissais pour récupérer mes affaires. Aucun crayon n'avait été cassé mais mes feuilles s'étaient éparpillées. Je n'entendais plus la troupe de fille parler, et un regard vers elle m'apprit qu'elles m'observaient. Les mains tremblantes pour je ne sais quelle raison je rangeais tant bien que mal mes affaires avant de tout fourrer dans mon sac et de me relever. Il était en train de gravier les dernières marches qui nous séparaient. Son regard sur moi était étrange. Je le regardais avancer sans bouger, comme hypnotisée. En même temps je ne pouvais pas faire grand chose. Les dernières marches franchies, il se figea devant moi. Je penchais la tête légèrement sur le côté. J'éprouvais une drôle de sensation, comme si quelque chose allait se passer. Une légère appréhension me tordait l'estomac alors que son regard balayait mon visage. « Isla ? »

Mon instinct me trompait rarement depuis mon retour à Fairbanks. La situation que je vivais actuellement n'était pas inédite. Depuis au moins cinq mois, j'avais été confronté à des gens de mon passé que je ne reconnaissais peu ou pas du tout. Ça me gênait parce que j'étais consciente que je chamboulais leurs vie. Ils avaient fait leur deuil et s'étaient résolu à ne plus me voir, et voilà que je débarquais sans prévenir. Je ne m'habituerais jamais à leur visage surprit et angoissé. « Heu... Oui ?» répondis-je d'une voix mesurée. Je prenais le temps de le regarder, fouillant dans les méandres de ma mémoire pour chercher une trace de cet Anderson. Une carrure sportive, un mâchoire bien dessinée, des yeux d'un vert ensorcelant. Sans vraiment comprendre pourquoi, je sentis mon cœur accélérer et mes mains s'engourdirent. Je détestais ressentir ces petits picotements dans les doigts. Par réflexe je les frottais l'une contre l'autre vigoureusement. Il ne bougea pas, mais je pouvais voir son torse se soulever rapidement. « Je...En fait, c'est Harper. Maintenant. » Il se passait quelque chose de vraiment étrange, là, à cet instant. Je ne me souvenais pas de lui mais j'avais cette impression de le connaître. Quelque part au fond de moi j'étais persuadée de le connaître. Mais vraiment le connaître. J'avais eu ce même genre de sentiments à ma rencontre avec Clio, mais d'un degrés inférieur. A voir comment il m'observait, il devait sûrement attendre une réponse plus convaincante. « Ce que je vais dire risque de paraître complètement fou, et même peut-être blessant. Alors je m'excuse d'avance. » Je déglutis avant de me lancer. « Je ne sais pas qui tu es.»dis-je rapidement en fermant les yeux, comme pour me cacher de sa réaction imminente.

La bombe lâchée, j'attendis quelques secondes avant d'ouvrir un œil. Il était toujours là, immobile et étrangement pâle. « Il y a quelques temps maintenant j'ai eu un accident de voiture, mais tu dois déjà le savoir. Et suite à ça, j'ai perdu la mémoire. Vraiment. Je ne savais même plus comment je m'appelais à mon réveil.  » J'essayais de faire passer le message avec le plus de sincérité possible mais je savais que c'était dur à avaler. En même temps, c'était assez surréaliste. J’apparaissais au bout de deux années de « mort », la bouche en cœur et les cheveux roses. J'avais plus l'air d'une toxico fugueuse que d'une jeune femme amnésique. Cette sensation que j'éprouvais en le regardant me faisait penser que la vérité lui ferait bien plus mal à lui qu'à quelqu'un d'autre. Pendant l'espace d'une demi-seconde, je me demandais si il était de ma famille. Non, Clio m'avait assuré que j'étais fille unique et qu'elle était la seule représentante Jones dans la ville. Alors qu'était-il pour moi ? Un ami ? Un meilleur ami ? Un...amoureux ? J'attrapais le bord de mon pull pour le triturer entre mes doigts, transférant le stress naissant de mon être au bout de tissu. « Est-ce que tu me connais ?» Son regard changea. Je vis sa pomme d'Adam bouger, signe qu'il déglutissait, signe que quelque chose le touchait.

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MessageSujet: Re: And disappeared in front of my eyes | Marlon   08.06.14 0:47

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Je ne m'étais pas fait mal, je n'avais même presque pas senti le choc. Imaginez bien la situation, Peters n'avait pas réussi par sa bousculade de me désarçonner de ma contemplation. J'étais surprit, j'étais même choqué. Mes yeux descendaient le long de son visage, le long de son corps assit, le long de ses douces mains. Sa coiffure laissait agréablement apercevoir la globalité de son visage, sans qu'aucune mèche ne le cache. Elle possédait une chevelure rose d'ailleurs et à vrai dire, ce ne fut que le seul repère qui me fit tiquer et me demander si je ne rêvais pas. Isla n'avait jamais songé à voix haute de se teindre ses beaux cheveux blonds en roses. Qui était-elle ? Comment était-ce possible ? En admettant que les sosies existent, ils devaient être tellement rares que cela était juste impossible que deux se promènent dans la même ville non ? Qu'ils aient la même posture, les mêmes petits défauts, le même regard. J'étais perdu, totalement perdu. Alors j'osais, une fois à sa hauteur, j'osais prononcer ce prénom à présent devenu si douloureux pour moi. Isla, ma douce Isla. « Heu... Oui ? » Il n'avait fallut qu'une seule chose, qu'une seule et unique chose pour que je sois convaincu de sa présence en ces lieux. Sa voix. C'était comme si un coup m'avait été donné dans le thorax, je reculais d'un pas, presque en trébuchant. Mon pouls s'accélérait, je serrais les dents et ma gorge se nouait. C'était juste impossible. Mon cerveau était submergé de vagues constantes de questions mais mes émotions étaient présentes pour rendre tout cela encore plus flou et troublant. J'avais envie de crier, de pleurer, de me réveiller. « Je...En fait, c'est Harper. Maintenant. » Sa voix résonnait dans mon esprit, tandis que je continuais d'encaisser. Ça en devenait bien trop pour moi, il fallait que je m'assois, c'était juste impossible à entreprendre comme réalité. Isla était vivante. Non. Isla était vivante. NON. « Ce que je vais dire risque de paraître complètement fou, et même peut-être blessant. Alors je m'excuse d'avance. » Je m'asseyais par précaution. Malgré mon attention toute particulière sur elle, je me sentais tellement dans un second état que c'était comme si ses paroles résonnaient au loin et que j'étais déjà bien ailleurs, dans un cocon, protégé mais en même temps attaqué de toutes parts. Depuis sa disparition, je n'avais cessé de refouler. Je n'avais cessé de l'éloigner de mon esprit autant que je le pouvais, mettant de côté toutes mes questions, toutes ces réalités dérangeantes et virulentes qui bouillonnaient en moi. Je ne m'étais plus concentré que sur le hockey, véritable échappatoire, véritable thérapie. En réalité, cela ne m'avait juste aidé qu'à attendre jusqu'au jour où j'allais tout relâcher une bonne fois pour toute. « Je ne sais pas qui tu es. » Elle fermait les yeux, tandis que mes mains se mirent à trembler. Ma crosse à mes côtés, j'enfouissais alors ma tête dans ces dernières afin de me contrôler. Je ravalais mes larmes, je ravalais toute ce mélange d'émotions qui m'assaillaient inlassablement. De la frustration, de la colère, de l'incompréhension, tout cela m'envahissait. Mes mains vinrent à présent dans mes cheveux, j'étais toujours tête baissé. J'étais resté silencieux, bien trop choqué pour pouvoir émettre un moindre son. Ma tête me tournait et ma cage thoracique me semblait de plus en plus oppressante. « Il y a quelques temps maintenant j'ai eu un accident de voiture, mais tu dois déjà le savoir. Et suite à ça, j'ai perdu la mémoire. Vraiment. Je ne savais même plus comment je m'appelais à mon réveil.  » Je ne savais pas si elle comprenait dans quel état j'étais à présent. Moi-même, je ne savais pas jusqu'à quel point j'étais prêt à continuer à ressentir autant de choses. J'étais littéralement au bord de l'explosion, au bord du chavirement émotionnel. Et pourquoi ? A cause d'années de souffrances et d'injustice. Je relevais les yeux vers elle, la détaillant à présent comme si elle était une personne étrangère. L'était-elle vraiment ? Étrangère à tout ce qu'était Isla ? Elle se nommait Harper à présent. « Est-ce que tu me connais ? » Je me sentais défaillir de plus en plus. Aussi, une insuffisance respiratoire vint m'alerter d'une nouvelle crise. Une de celles dont je souffrais depuis enfant, rendant compte et symbolisant psychologiquement toutes mes insécurités. Me voilà à essayer de calmer ma respiration, or, il n'y avait pas trente-six moyens pour cela. Je fouillais mes poches, mon inhaltheur restait absent. « Oui. » finis-je par répondre. Je me levais alors abruptement tout en commençant à suffoquer. « Je.. j'ai besoin, de.. » Puis je m'en allais, crosse en main. Sans savoir comment j'y arrivais, je toussais fortement. Ma tête tournait terriblement et ma vision était presque floue. Peters m'adressa un léger regard inquiet mais je levais le pousse en l'air. Il savait pour mes crises, il prendrait en charge l'équipe aujourd'hui. Me voilà à courir dans les vestiaires, ouvrant rapidement le premier robinet d'eau tiède d'une des douches. Mes gestes étaient frénétiques, il me fallait un choc thermique parfois pour me détendre et calmer mes crises. Étrange façon oui, mais l'une des meilleures pour moi. Alors assit là, tête baissée, vêtu seulement d'un caleçon et de mon teeshirt de hockey, je reprenais ma respiration petit à petit. L'eau s'abbatait en constance sur ma nuque et je fermais les yeux. J'arrivais à présent à faire le tri dans mes pensées, j'étais seul, légèrement plus détendu. Mon rythme cardiaque ralentissait, je me calmais considérablement. Je me rendais compte que je venais de mettre en plan Isla et qu'elle était vivante. Non, Isla aurait comprit ma crise, m'ayant déjà vu et accompagné pour m'aider à en sortir. Isla m'aurait aidée et aurait réagie, Isla n'aurait jamais teint ses cheveux en rose Isla ne serait pas en vie. Pourquoi m'étais-je emporté dans une crise ? Essayais-je tout simplement d'échapper à la situation ? Mais, est-ce que seulement, ce moment avait été réel ?



   
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MessageSujet: Re: And disappeared in front of my eyes | Marlon   08.06.14 11:38




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A mesure que je parlais, je l'avais vu changer. Sur deux pieds au début, il avait finit par s’asseoir comme si le poids de mes paroles étaient trop lourd à porter. J'essayais d'être le plus douce possible mais je savais pertinemment que j'étais en train de le blesser. Je m'en voulais de lui imposer cela, surtout que j'étais persuadé de le connaître, mais il valait mieux qu'il connaisse la vérité. Alors que je lui avouais ne pas le connaître, il cacha son visage dans ses mains. Cette vision de lui, tiraillé par une quelquonque angoisse me fit aussi mal qu'un coup de poing dans l'estomac.
Je lui parlais brièvement de l'accident. Si il me connaissait, alors il en avait forcément entendu parler. Clio m'avait montré la coupure de journal qui parlait de mon accident. Ces quelques lignes qui avaient changé le cours de leur existence, ces quelques lignes qui m'avait condamné. Son corps déclara forfait au moment où je lui demandais si il me connaissait. Mes mots étaient aussi blessants que des lames, vérifiant ainsi l'expression « il n'y a que la vérité qui blesse ». J'entendis un changement dans sa respiration. Il fouilla nerveusement ses poches, cherchant quelque chose. « Oui. » Il se leva d'un bon, me faisait sursauter au passage. « Je.. J'ai besoin, de..» bafouilla-t-il avant de partir. Je ne bougeais pas, observant son corps s'éloigner de moi. De là où j'étais, je pouvais l'entendre tousser. Il se tourna vers ses coéquipiers le pouce en l'air pour signifier que tout allait bien, alors que je savais pertinemment que ça n'allait pas. Et que c'était de ma faute.

Je restais un minute ou deux, figée, à fixer la porte des vestiaires qu'il venait de franchir. Sa réaction venait de réveiller quelque chose en moi. J'éprouvais un irrépressible besoin de savoir comment il allait et m'assurer qu'il aille bien. Je prenais mon sac, fourrant mes affaires en vrac dedans avant de me prendre mon manteau et de dévaler les marches. Les joueurs ainsi que la meute de groupies me suivirent du regard sans prononcer un mot. Je me foutais clairement de savoir ce qu'ils pensaient, seul Anderson m'importait. Je poussais la porte sans aucune hésitation alors que logiquement je n'avais pas l'autorisation d'entrer. Je laissais tomber mes affaires au sol avant d'avancer dans les vestiaires, m'approchant du seul bruit qui y régnait. Une douche. Cela fit tilte dans mon esprit. Le comportement qu'il avait eu m'était familier. Des crises d'angoisse. J'en avais eu constamment après mon réveil à l’hôpital et encore parfois la nuit après des cauchemars. Un sentiment d'oppression dans notre corps, l'air qui nous manque, la tête qui nous tourne et l'envie d'arracher notre propre peau juste pour se libérer. C'était aussi douloureux pour le corps que pour l'esprit. Et j'étais à origine de la sienne. Qu'est-ce que je pouvais faire ? Qu'est-ce qu'il me laisserait faire. Je pris le temps de l'observer. Dos à moi, la tête sous le jet d'eau, il ne portait plus que son t-shirt et son caleçon. Cette vision me fit rougir. Je pénétrais son intimité mais c'était plus fort que moi. Je ressentais une sorte d'attirance pour lui. Il fallait que je sois là. Pour lui. J'avançais lentement vers lui, me débarrassant des mes chaussures et de mon pull avant de tendre la main droite vers le robinet pour couper l'eau. Rapidement, je me retrouvais mouillée au niveau des bras et des jambes mais je m'en fichais. Je frôlais ses côtes au passage, nous faisant frissonner tout les deux. L'eau s'arrêta, mais je ne retirais pas de suite ma main du robinet. J'avais besoin de m'accrocher à quelque chose pour m’empêcher d'encercler son corps comme mon cœur me criait de le faire. « Des crises. J'en faisais aussi à l’hôpital.» Ma voix n'était qu'un murmure. Je pouvais entendre sa respiration se calmer petit à petit à mesure que la mienne augmentait. Être si proche de lui accentuait cette sensation de le connaître.

« Compter jusque dix arrivait en général à les arrêter et...» Je lâchais le robinet avant de poser ma main sur son torse. Il sursauta à mon contact mais ne bougea pas. Je laissais passer quelques secondes, lui laissant l'occasion de s'éloigner. Je me collais presqu'à son dos afin de pouvoir atteindre son cœur. Les pulsations résonnaient sous le t-shirt mouillé sous ma main. « je me concentrais sur mon cœur.» Ce qui se passait à cet instant était plus intense qu'avec Clio. Je le connaissais. Je le connaissais vraiment. Sa réaction confirmait mes dires, il s'était passé quelque chose entre nous. J'avais l'impression que mon cœur et mon corps s'en souvenait contrairement à mon cerveau. Anderson. Anderson. Anderson. Hockey. Université. Anderson. Dix-sept. Dix-sept ? Je tiltais. Relevant ma main gauche, j'observais les chiffres romains tatoués au creux de mon poignet. XVII. Je m'étais toujours demandé ce que cela pouvait signifier. Est-ce que ça avait un lien avec lui ?
J'osais appuyer mon front entre ses omoplates, relâchant l'air que j'avais inspiré sans m'en rendre compte. Les battements sous mes doigts étaient maintenant presque imperceptibles. Sa crise était passé. « Je suis désolée de t'avoir fait mal.» soufflais-je. La situation dans laquelle on était pouvait être surprenante. Lui, à moitié vêtue et dégoulinant d'eau, moi collé à son dos, un bras passé sous son bras pour toucher son cœur. Mais elle me semblait naturelle, comme si j'étais à ma place.

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MessageSujet: Re: And disappeared in front of my eyes | Marlon   08.06.14 13:18

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L'eau me détendait, l'eau me réveillait. Elle avait cet effet apaisant sur moi tout comme cet effet vivifiant. Je pouvais enfin respirer normalement sous cette pression exercée sur ma nuque, tout comme mon esprit se déliait afin d'y voir plus clair. Je me délectais de sentir la moindre parcelle de mon corps se noyer sous cette eau fraiche à tendance tiède. C'était tellement différent d'il y a quelques instants, lorsque je suffoquais à m'en étouffer, le thorax brulant et l'esprit tourmenté au plus haut point. J'avais laissé Isla sur place, en haut des gradins et je m'étais presque enfui en courant. Je n'avais fait guère attention aux autres filles qui ont du me regarder étrangement, mais j'avais tout juste eu le temps de montrer à Peters qu'il prenait les commandes à présent. Tout le monde savait pour mes crises mais fort heureusement, je n'en faisais que deux fois par an au maximum. Ce n'était pas dangereux au point de me disqualifier mais le médecin à chaque match était au courant de mes problèmes et se tenait tout le temps prêt à dégainer de quoi me calmer, comme un inhalateur. J'étais tellement détendu et obnubilé à me détendre et me calmer cette crise, que je n'entendis pas sa présence en premier temps. Ce ne fut que lorsque mes yeux détectèrent un faible mouvement plus loin que je relevais le regard. En débardeur, pieds nus, elle s'approcha alors de moi, éteignant le robinet. L'atmosphère vint m'encercler de sa douce chaleur environnante, tandis que mes habits encore glacés et mouillés restaient collés contre ma peau. Ma respiration s'était considérablement affaiblit. « Des crises. J'en faisais aussi à l’hôpital. » Je frissonnais à son contact qui n'avait été que furtif. Des souvenirs me revenaient en mémoire, de doux souvenirs comme de mauvais. Je me souvenais de la première fois que je l'avais aperçue avec son calepin à dessin en haut de gradins, tout comme aujourd'hui. Je me souvenais de notre premier baiser, de nos premiers fous rires, de notre première fois. Je me souvenais de sa peau douce et de comment je me sentais lorsque j'étais en contact avec son corps. Plus encore, je l'expérimentais de nouveau, à cet instant même, alors qu'elle déposait une main sur mon torse. « Compter jusque dix arrivait en général à les arrêter et...» Je baissais la tête, je comprenais tout à fait de quoi elle parlait. Or, j'étais propice à ces crises depuis tellement longtemps que certaines méthodes anodines comme celles-ci, n'étaient plus performantes à présent. Je pressais mes phalanges contre mes paumes, je me retenais. Mais de quoi exactement ? De profiter mieux encore de sa personne, de sa présence à mes côtés, de son toucher, de son corps. Elle se collait contre mon dos, me laissant re-deviner ses douces courbes contre moi. Mon pouls s'accélérait de nouveau mais d'une toute nouvelle cause. Je fermais les yeux, me délectant autant de son touché que de sa présence apaisante pour moi. Elle continuait, même après ces années, même après avoir perdu la mémoire, d'avoir un don avec moi, une forme de contrôle, d'apaisement spécial qui m'allait si bien. D'un léger mouvement, elle relevait sa main gauche et j'apercevais ces chiffres romains qu'elle s'était fait tatouée il y a quelques années. Sources de rires et d'incohérence pour moi lors de ce moment, mais maintenant plus que jamais, j'avais l'impression que ce tatouage pourrait nous relier encore plus qu'avant. Je passais tendrement mon pouce dessus, caressant sa peau légèrement mouillée. Son front vint contre mon dos et elle s'excusa. « Je suis désolée de t'avoir fait mal. » Ma tête s'abaissa, mes lèvres se pincèrent légèrement. S'excusait-elle pour ces années de disparition ou juste pour ma crise d'angoisse ? Avait-elle comprit tout le mal que j'avais ressenti ces deux dernières années ? Je me retournais, me retirant de son bras sous le mien afin de lui faire face. De faibles centimètres nous séparaient à présent et je tenais toujours son poignet doucement de ma main droite. Une douce caresse sur sa joue, je relevais une mèche rebelle rose de son visage afin de la lui mettre derrière son oreille. « Marlon Anderson » Je me présentais, dans un murmure à peine audible. Je reprenais mes anciennes habitudes envers elle, toute ma tendresse et l'affection que je lui portais. Elle n'était pas plus Harper qu'était ma Isla réellement, elle se tenait en face de moi et j'avais juste l'impression d'avoir remonté le temps. Je me découvrais même avec plus d'amour, plus d'émotions, plus de bouillonnement intérieur. « Je, je ne sais pas comment te faire comprendre ce que l'on partageait mais.. » Je réfléchissais à la meilleure façon de lui dire, de lui montrer mais je ne pouvais pas me permettre de l'embrasser alors qu'elle pensait de moi que je n'étais qu'un simple inconnu. Un inconnu qu'elle a tout de même suivi sous la douche, à moitié vêtue. Je me sentais tellement bien à ses côtés, mais d'une autre part, toute une partie de moi restait torturée. J'étais blessé, dans une complète incompréhension, même après que les explications aient été faites.



   
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MessageSujet: Re: And disappeared in front of my eyes | Marlon   09.06.14 7:13




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Mes excuses me paraissait tellement dérisoire quand à la peine que je lui avais infligée. Rien que me revoir lui avait collé une crise d'angoisse alors je n'imaginais pas la suite. Je devrais un jour tout lui raconter, qu'il comprenne que je n'y étais pour rien dans cette histoire. Même si je n'étais pas coupable, je m'en voulais de l'avoir laissé ainsi, lui et les autres. Le front contre son dos, j'inspirais autant que je le pouvais. La pulpe de mes doigts caressaient son torse tandis que sa main attrapa la mienne, celle tatouée. Il vient caresser les marques indélébiles, ce qui me confirma que leurs signification le concernait. J'avais l'impression qu'il fallait que je profite de chaque secondes en sa compagnie, comme si le temps nous était compté. Les minutes passèrent et enfin il bougea. Je décollais mon front alors qu'il se tournait enfin vers moi. Il tenait toujours ma main, se rapprochant de moi. A peine quelques centimètres nous séparaient, alors que je plongeais mon regard dans le sien. Sa main libre attrapa une mèche rose pour la replacer derrière mon oreille, me déclenchant des frissons. Son geste me paraissait tellement naturel, comme si cela était une habitude pour lui.  Je ne décrochais plus de ses yeux, me noyant dedans. « Marlon Anderson. » Sa voix n'était qu'un murmure, prouvant l'intimité du moment que nous partagions. Je pouvais lire dans ses yeux qu'il prenait peu à peu conscience que j'étais bel et bien devant lui, vivante.

« Je, je ne sais pas comment te faire comprendre ce que l'on partageait, mais...» Dans sa voix je pouvais sentir l'angoisse, l'incompréhension mais surtout l'impuissance à laquelle il faisait face. Comment agir avec quelqu'un qui n'avait aucun souvenir ? J'étais une page blanche à ses yeux. Je le regardais toujours alors que je levais ma main libre jusqu'à son visage, découvrant chaque parcelle de peau du bout des mes doigts. Bien que mouillée, la chaleur de sa peau réchauffait ma main. Je savourais ce contact, trouvant rapidement mes marques sur son visage. Je fis glisser mon pouce sur sa pommette alors que m'avançais un peu plus vers lui. « Tu pourrais peut-être me le dire..» Marlon Anderson. Son nom faisait écho dans mon esprit. Le moment que nous partagions m'indiquait clairement que nous étions plus que des amis. L'ancien moi ne se serait pas fait tatoué son numéro de joueur si il n'avait pas été important pour moi, si il n'avait été qu'un ami. Un élément comme cela n'avait pas du passer inaperçu dans ma famille. Je me doutais que peu d'entre eux avaient du apprécier, en particulier mes parents. Et Clio ? Elle devrait forcément savoir ce que cela signifiait. Pourquoi ne pas m'en avoir parlé ? Voulait-elle me cacher la vérité ? Il faudrait sûrement que nous en parlions. Je ne pouvais pas me permettre de passer à côté d'éléments de mon passé.

Chaque geste envers lui me semblait naturel, habituel. J'avais toujours cette petite appréhension qu'il m'échappe, mais pas qu'il refuse. Une petit voix en moi me soufflait que nous avions du vivre quelque chose de fort pour que mon corps se souvienne de lui. Ma main sur sa joue glissa jusqu'à sa mâchoire, traçant l'os de mes doigts. Je redécouvrais ce visage que j'avais connu autrefois. Il ne bougea pas mais je  sentis sa mâchoire serrer sous ma caresse. Je continuais ma redécouverte en faisais courir mes doigts sur sa gorge jusqu'à sa clavicule, juste au dessous du cœur. J'essayais de me rappeler son corps, nos moments ensembles. A chaque fois, je lui laissais l'occasion de me repousser, de rompre le contact. Mais pour l'instant il ne faisait rien. Le tissu mouillé de son t-shirt moulait parfaitement son corps, et l'espace de quelques secondes, je me surpris à me demander comme il était en dessous. Le rouge me montant aux joues, je déviais rapidement ma caresse vers son épaule. La rondeur, la dureté du muscle, tout en lui montrait que le sport était important. Je pouvais d'or et déjà deviné que le hockey serait son métier. Est-ce que j'étais une de ses fans ? Une groupie comme les autres ? J'espérais que non.

Je continuais ma caresse sur son bras, palpant chaque parcelle de son épiderme, balayant quelques goûtes d'eau au passage. Arrivé à l'avant bras, je ne me servais que de mon indexe pour le caresser avant d'attraper sa main. Mon cœur battait à tout rompre, j'avais l'impression qu'il pouvait jaillir de ma poitrine à tout instant. « Ou me le montrer..» Mes doigts enserrèrent les siens. Je ne savais pas comment j'étais avant, avec lui. Mais je me doutais qu'aujourd'hui j'étais différente. J'étais plus directe. Perdre la mémoire, voir la mort de prêt me faisait agir différemment. Il fallait profiter de chaque instants au risque de le regretter plus tard. C'est cette nouvelle philosophie de vie qui avait influencé ma nouvelle couleur capillaire, et bien d'autres décisions. Comme le suivre dans les vestiaires. « Marlon..» Prononcer son prénom fut grisant pour moi. Pour lui je ne saurais le dire. « J'ai l'impression que.. je ne t'ai pas complètement oublié. Enfin, mon cerveau oui, mais pas mon cœur..»dis-je en accentuant ma pression sur ses doigts. « Tu vas me prendre pour une folle». Un léger rire sortit de ma bouche. Comment pouvait-il me voir autrement alors que je m'étais un peu dévêtue pour rejoindre un garçon à moitié nu dans les vestiaires de la patinoire.

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Dernière édition par I. Harper Jones le 09.06.14 19:43, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: And disappeared in front of my eyes | Marlon   09.06.14 13:19

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Revoir Isla en chair et en os devant moi rendait toute cette situation insensée. Étais-je en train de perdre la tête ? Étais-je tout simplement en train de rêver ? Non, bien sûr que non. Comment le savais-je ? Cette sensation de me sentir plus vivant que jamais, là, prêt d'elle. Depuis le simple petit moment où je l'avais aperçue, où j'avais deviné ses traits au loin sur le haut des gradins, je me réveillais enfin de cette période de latence où j'étais plongé depuis l'annonce de sa disparition. Me voici revivre dans ses bras, revivre contre sa peau, revivre sous son regard et pour rien au monde je ne voudrais échanger ma place. Je me sentais incroyablement bien en sa présence, comme avant en fait. J'avais une pensée pour Eleanore qui serait triste, triste de voir que c'est encore Isla qui réussit à me rendre plus vivant que jamais. Durant deux années, elle avait été à mes côtés et je lui en serais éternellement reconnaissant mais jamais, elle n'avait su faire allumer aussi longtemps cette lueur en moi si belle et vivifiante. Il n'y avait qu'Isla qui avait su le faire, comme avant.

Face à elle, tous mes gestes étaient contrôlés bien que ce fut épreuve difficile. Pour ne pas me faciliter les choses, elle baladait délicatement ses doigts le long de mon visage. J'en fermais même les yeux à ce contact si doux et appréciable. Elle descendait par la suite le long de ma nuque puis le haut de mon corps et j'observais son regard brulant sur ma personne. J'avais le même, malgré que pour ma part, je n'osais réellement la toucher pour le moment. Je me contentais de me délecter de ses caresses, tel un pantin, je ne répondais plus vraiment de rien. « Tu pourrais peut-être me le dire..» Je me mordais la lèvre inférieure tout en me demandant comment j'allais bien pouvoir lui dire, sans même la toucher, lui montrer, lui faire ressentir. Je me rendais compte alors que j'avais une fulgurante envie de l'embrasser, de m'emparer de ses lèvres, de ses douces lèvres. Il fallait à tout prix que je me concentre sur une phrase, une explication et non un baiser, un enlacement. Mais alors, que dire ? Est-ce qu'il fallait que je lui explique qu'on était ensemble durant trois bonnes années ? Pouvais-je lui raconter tous nos moments magiques ? Néanmoins, il faudrait que je lui touche quelques mots à propos de nos disputes, de ma tromperie. Elle l'avait acceptée à l'époque, bien qu'elle n'aurait pas du. Aurait-elle la même réaction aujourd'hui alors que son amour ne serait pas aussi profond qu'avant ? Surement pas. J'eus un léger regard sombre le temps de quelques instants, tandis qu'elle continuait son périple à me donner de multiples frissons. Elle savait me déconnecter tout comme me vivifier, sous la danse de ses caresses. « Ou me le montrer.. » Ses doigts vinrent s'entremêler avec les miens et je vins plonger mon regard dans le sien. « Marlon..» énonça t'elle. Cette simple appellation me fit du bien, un énorme bien et encore une fois, je me demandais si tout cela était bien réel. C'était étrange, une expérience unique, un de mes rêves les plus fous depuis sa disparition. « J'ai l'impression que.. je ne t'ai pas complètement oublié. Enfin, mon cerveau oui, mais pas mon cœur.. » j'osais sourire tendrement quelques instants, appréciant ce qu'elle me disait. Je baissais néanmoins la tête, je n'avais pas le droit de faire un seul geste envers elle, je n'avais pas le droit non. « Tu vas me prendre pour une folle » Je continuais de sourire puis je relevais le regard sur elle. C'est vrai que cette situation était un peu incongrue. A moitié vêtue, elle s'était dépêchée de venir et s'était collée à moi, partageant une intimité certaine. J'avais l'impression de la redécouvrir de plus belle tandis qu'elle, me découvrait seulement. « Je pense que tu as devinée, nous avons partagé.. trois ans de notre vie ensemble, avec des hauts et des bas.. » Je serrais légèrement les dents, je n'aimais pas me souvenirs de ces 'bas'-là. « Jusqu'à ce que, jusqu'à ce que tu disparaisses. » j'eus un air particulièrement plus sombre lors de cette phrase, comme lors de toutes mes conversations à propos d'Isla et de sa disparition depuis plus de deux ans. « Tu sais, je vais devoir m'habituer à t'appeler Harper, mais je trouve que cela te vas bien. » Je lui souris, déposant par la suite un léger baiser sur sa joue, comme j'en avais l'habitude d'en faire n'importe quand avant.


   
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MessageSujet: Re: And disappeared in front of my eyes | Marlon   09.06.14 20:49




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Il ne m'avait pas répondu immédiatement, se contentant de sourire. Et quel sourire. Automatiquement le mien s'était agrandit. J'avais eu raison de le suivre, de venir à sa rencontre. J'aurais regretté par la suite. J'avais beau lui dire des choses incongrues, il les prenait avec le sourire. Il me faisait sentir à l'aise, en paix avec moi. Je pouvais être honnête et dire les choses comme je le ressentais. Était-ce du à notre passé commun ?  Je n'avais pas lâché ses doigts, serrant parfois ma prise comme pour lui montrer que je n'allais pas partir de si tôt. Après avoir baissé la tête, il avait enfin parlé. « Je pense que tu as devinée, nous avons partagé.. trois ans de notre vie ensemble, avec des hauts et des bas.. » Bien que consciente que quelque chose de fort nous liait, je ne pu m’empêcher de lâcher un hoquet de surprise. Trois ans. J'avais été en couple avec lui pendant trois ans et je ne m'en souvenais pas. La vérité me blessa quelque peu. Comment avais-je pu l'oublier ? Enfin pas vraiment l'oublier puisque mon instinct continuait de me pousser vers lui. Des hauts et des bas. J'étais curieuse de savoir ce qu'il entendait par là, mais c'était sûrement trop tôt. Son visage s'était tendu à cette évocation et je me doutais que cela remuait des souvenirs douloureux. « Jusqu'à ce que, jusqu'à ce que tu disparaisses. » Ses yeux perdirent la petite étincelle qu'il avait depuis notre échange. J'osais un sourire timide, rassurant alors qu'une fois de plus je serrais mes doigts autour des siens. « Tu sais, je vais devoir m'habituer à t'appeler Harper, mais je trouve que cela te vas bien. » dit-il avant de se pencher et de déposer un léger baiser sur ma joue. Geste qui me déclencha des frissons. Même si cela avait duré quelques secondes, je percevais encore la douceur de ses lèvres sur ma peau. Je sentis le rouge me monter aux joues immédiatement.

J'avais trois ans de ma vie à me souvenir, et deux ans d'absence à rattraper. Je n'avais plus de temps à perdre, je voulais savoir ce qu'il s'était passé entre nous. C'était comme être spectatrice d'un film alors qu'il s'agissait là de ma propre vie. Je levais nos mains entrelacés avant de déposer à mon tour un baiser sur le dos de sa main et enfin de nous séparer. « Harper est mon deuxième prénom. En me faisant nommer ainsi, j'avais l'impression d'être.. d'être moi sans être tout à fait moi. Tu vois ?»dis-je en me dirigeant vers l'étagère à serviette avant d'en prendre deux. Marlon n'avait pas bougé, m'observant. Je posais un serviette sur mon épaule et dépliait l'autre, lui faisant signe d'avancer. Une fois fait, je me plaçais de nouveau devant lui et épongeais son visage. Il parut d'abord surprit avant de se détendre quelque peu. « Il ne faudrait pas que tu tombes malades.. » J'avais, depuis mon réveil, un côté maternel. A l'hopital, je m'étais beaucoup occupé d'autres patients plus jeunes que moi. Et ça se vérifiait avec Marlon. Il faudrait que je lui demande si j'étais comme cela avant l'accident. Après avoir essuyé son visage et son cou, je m'occupais de ses cheveux. « Trois ans. Ça me paraît long et court à la fois.» De mes deux mains, je m'activais à sécher ses mèches châtain, avec autant de douceur possible. Je lui offrais un sourire à chaque fois que son visage n'était plus caché par la serviette. « C'est pour toi ce tatouage hein ? » Mes yeux dévièrent sur le XVII ancré dans ma peau. Je devais être sacrément niaise pour avoir fait cela. Je ne le regrettais pas parce que c'était joli et que ça avait une vraie signification, mais il y a cinq ans, je devais avoir quinze ou seize ans, bien loin d'être mature. Les cheveux terminés, je l'observais. Marlon semblait plus âgé que moi. « Quel âge as-tu ?» Une simple question qui était capitale dans ma quête de mon passé. Je laissais sa serviette sur son épaule avant de prendre la mienne et de m'essuyer les bras et les épaules, puis mon débardeur. Si le tissu persistait à être mouillé, je n'aurais qu'à le retirer et à remettre mon pull.

Je terminais ce que je faisais, le cerveau remplit de questions. En l'espace de quelques minutes, je venais de retrouver mon ancien compagnon, avec qui j'avais passé trois ans de ma vie et dont j'avais le numéro de poste tatoué sur ma peau. Comment se fait-il que je ne l'ai pas rencontré avant ou même entendu son nom ? Clio ne m'aurait jamais mentit sur un sujet aussi important. Il restait quand même la possibilité qu'elle ne soit pas au courant de notre histoire, mais elle m'avait semblé être plus qu'une cousine pour moi. Je portais mon pouce à ma bouche, commençant à me ronger l'ongle. « Personne ne t'as dis que j'étais revenue alors... » N'avions-nous pas d'amis communs ? Ne connaissait-il pas ma famille ? Est-ce que notre relation était secrète ? « Notre couple était secret ? Parce que c'est quand même étrange qu'on ne se croise qu'aujourd'hui.. » Cela faisait presque six mois que j'étais de retour à Fairbanks. Il est vrai que je sortais peu exepté pour les cours et le travail. Je n'étais pas remise à 100 % de mes blessures, et tout ces visages qui avaient des chances d'être familier m'effrayait quelque peu. J'avais voulu revenir ici mais j'avais toujours peur de ce que je pourrais découvrir. L'accident, la mort de mon père, la disparition de ma mère et maintenant lui. Je voulais penser que  rien de négatif ne pouvait m'arriver maintenant, que tout irait bien.

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MessageSujet: Re: And disappeared in front of my eyes | Marlon   10.06.14 0:23

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Ne baisses pas les bras, regarde vers le haut. Non, ne poses pas ton regard sur le ciel car tu n'auras que des pensées pour elle encore une fois. Observe ta douce fiancée, celle qui te fait sourire mais oublie qu'elle ne te fera jamais aussi rire qu'Isla. Peut-être, apprécie ton futur en avenir, penses-y, songes-y ou en fait, pas trop non plus. Car dans celui-ci, tu ne le vois pas aussi beau qu'avant. Dans celui-ci, tu ne te vois pas aussi heureux qu'avant. Dans celui-ci, elle n'y est pas. Pourquoi toi tu vies et elle non ? Pourquoi toi, qui est rempli de plus de fautes qu'elle, tu persistes à faire ton bout de chemin sur cette terre, alors qu'elle non ? Tu ne mérites pas de vivre plus de temps qu'elle, tu ne mérites rien de tout ça. Elle qui était si pure, si belle, si naturelle, sans une ombre de mauvais en elle et toi, qui est rempli de doutes, qui a osé la tromper, lui faire du mal à elle, cette douceur et pureté naturelle, tu es encore là. Lorsque nous perdons quelqu'un d'aussi bon, d'aussi bien, d'aussi important pour nous, parfois nous avons le droit à ce genre de pensées. A vrai dire, depuis qu'elle n'était plus de ce monde, ces pensées noires me rongeaient constamment. Je me levais avec une pensée pour elle, je me couchais de nouveau torturé par ses souvenirs. Je ne vivais presque plus durant quelques mois, je me trainais pour achever la plupart de mes taches. Pour me motiver, je me donnais des objectifs, des objectifs n'ayant pour but que de me recoucher dans mon lit au plus vite. J'eus du mal à remonter la pente, à faire mon deuil et à vrai dire, je ne l'ai pas encore tout à fait atteint. Le souvenir Isla me torturait complètement.

Mais la voilà devant moi, à me tourner autour même, à me caresser, me toucher, me sourire. Je redécouvrais ses regards tendres, son rire cristallin, ses caresses si douces. Je l'observais avec insistance, comme si elle pouvait m'échapper de nouveau. Je pense que cela me tuerait si elle venait à disparaître une nouvelle fois, oui, vraiment. J'avais eu du mal à relever la tête et à commencer à continuer de vivre pour moi, je n'avais été qu'un pantin désarticulé durant une longue période. Et en un seul regard, elle avait réussi à chambouler tout mon être intérieur encore une fois. Elle avait su panser ma blessure autant quelle avait su y appuyer dessus presque sadiquement. Isla s'était présentée à moi, plus vivante que jamais et pourtant, cela me torturait encore. Mais je restais dans une sorte de transe, bien que conscient de l'effet autant négatif que positif  que sa présence à mes côtés me faisait, je réagissais doucement, presque tendrement, presque comme avant, comme si jamais rien n'était arrivé. Pourtant si, elle avait disparue trois ans, me laissant croire à sa mort, me laissant croire que jamais je ne la reverrais. « Harper est mon deuxième prénom. En me faisant nommer ainsi, j'avais l'impression d'être.. d'être moi sans être tout à fait moi. Tu vois ? » j'acquiesçais silencieusement tout en la regardant faire. Tel un automate, je me laissais alors m'asseoir sur un des bancs du vestiaire, tandis qu'elle me séchait les cheveux. Ses gestes étaient doux et pleins d'attentions et ma tête partait de tous les côtés sans pour autant qu'elle ne me l'ôte. A défaut de m'avoir arraché le cœur et trituré de tous les sens, y avoir même joué une partie de tennis avec, voici qu'elle prenait soin de moi avec application. Et moi, je me laissais faire, presque béat.  « Il ne faudrait pas que tu tombes malade.. » ajoutait-elle même ! J'eus un petit sourire, me rendant compte que sa manie à prendre soin des autres, à avoir cet aspect maternel, n'avait pas changé. « C'est pour toi ce tatouage hein ? » Je souriais de nouveau, osant même faire un petit rire. « Oh oui et pourtant j'étais contre. Mais tu as insisté et tu l'as même fait dans mon dos ! Tu t'es ramenée un beau jour avec ça sur le poignet et j'ai prié pour que ce soit qu'un simple coup de feutre mais c'était trop tard. Et toi tu souriais de toutes tes dents, t'étais heureuse. Je l'étais aussi. » Je me rappelais de ce joyeux souvenir qui me donnait le sourire, mais je ne sais pas pourquoi j'avais bien pu rajouté le fait que j'étais heureux aussi, à cette époque Je pense que je l'avais plus rajouté pour moi-même, comme une prise de conscience. Pourtant, au fond de moi je le savais, j'étais au courant que je n'allais pas bien, mais c'était toujours mieux de faire comme si de rien était, comme si on avait remonté la pente complètement, sans plus de bagages émotionnels dans le cœur. « Vingt-cinq. » j'avais répondu de façon un peu abrupte, ne me concentrant plus vraiment sur ce qu'elle pouvait bien penser de moi. J'étais dans mes pensées, une nouvelle fois, jusqu'à ce qu'un frisson me parcourt. Alors je me levais et j'enlevais mon teeshirt trempé. Le numéro dix-sept n'était bon qu'au lavage de toute manière. Mon casier était fort heureusement en face de nous et tandis que je le fouillais, je l'écoutais me parler de nouveau. « Personne ne t'as dis que j'étais revenue alors... » « Personne. » Mon ton avait été légèrement un peu plus dur cette fois-ci. Ce n'était pas du tout envers elle, mais envers ses proches. J'étais persuadé que Clio savait. « Notre couple était secret ? Parce que c'est quand même étrange qu'on ne se croise qu'aujourd'hui.. » Je me raidis tout en arrêtant de chercher dans mon casier. Mes jointures devinrent légèrement blanches sous la pression que j'exerçais sur la porte que je tenais. D'un ton un peu plus direct, je lui déclarais. « Nous n'avons jamais été un couple secret, depuis le lycée nous sortions ensemble. Une année là-bas, puis deux un peu à distance car j'étais à Chicago pour mes études. C'était une période de notre couple assez difficile, nous étions loin et des problèmes se sont rajoutés. J'ai même été un pauvre idiot, tu ne me méritais pas durant cette période là. Je t'aimais tu sais, de tout mon cœur, de tout mon être. » Je baissais le regard, mon ton s'était radoucit sur la fin de ma tirade. « Mais j'ai fait des erreurs que tu m'as étrangement pardonné. » Encore cet air sombre dans mon regard, puis un ton beaucoup plus sec pour ma prochaine phrase. « Tu n'as qu'à demander à Clio pourquoi est-ce qu'elle ne m'a pas averti, pourquoi est-ce qu'elle t'as tenue éloignée de moi, me laissant croire que tu étais encore au cimetière ! Je n'ai été qu'un pauvre idiot mais je t'aimais ! Tu ne peux pas savoir combien.. Je t'aimais tellement Isla ! » Ma voix tremblait, transmettant toute la douleur que je ressentais à ce moment précis. J'en voulais à quelqu'un, je reportais ma colère sur Clio mais je sais que si j'avais été un meilleur petit-ami pour sa cousine, j'aurais revu Isla plus tôt. Tout était de ma faute, tout était de ma faute. Je m'étais rapproché d'elle au fur et à mesure que je présentais ma colère, ma frustration à voix haute. Jamais je n'avais su l'exprimer durant ces trois dernières années. Ma respiration était saccadée, encore sous le poids de cette si lourde douleur que je portais mais j'osais glisser mes deux paumes de mains le long de sa mâchoire. D'un geste tendre et délicat, je lui caressais alors ses joues, plongeant mon regard dans le sien. Mon corps était proche, beaucoup trop proche et pourtant, je savais qu'au fond, il était à la place. Près d'elle, contre elle, avec elle. Mes dents se serraient, un nerf battait sur ma tempe et je me retenais d'une force incroyable de ne pas s'emparer de ses lèvres. Oh Isla, ma belle Isla, si tu savais.

   
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MessageSujet: Re: And disappeared in front of my eyes | Marlon   10.06.14 21:02




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L'instant que nous partagions me semblait irréel. Nous étions hors du temps, uniquement tout les deux. En sa présence, je me sentais différente. Je me sentais sereine, comme si je n'avais rien à craindre. Était-ce sa présence ? Peut-être bien oui. Il avait une façon de s'adresser à moi qui me rendait toute chose. Si je pouvais, je resterais à ses côtés éternellement. Assis devant moi, il se laissait complètement faire. Nous étions en confiance l'un envers l'autre, me prouvant ainsi que ça avait été fort entre nous. Il m'éclaira par rapport à mon tatouage. « Oh oui et pourtant j'étais contre. » Je levais un sourcil interrogateur, le fixant la tête penchée sur le côté. « Mais tu as insisté et tu l'as même fait dans mon dos ! Tu t'es ramenée un beau jour avec ça sur le poignet et j'ai prié pour que ce soit qu'un simple coup de feutre mais c'était trop tard. Et toi tu souriais de toutes tes dents, t'étais heureuse. Je l'étais aussi. » De nouveau, je laissais échapper un rire. Je me découvrais, à travers ses yeux, comme quelqu'un de têtu. Et de stupidement romantique. J'appréciais ce côté de ma personnalité en fait, je lui avais prouvé mon amour d'une façon assez original. Et le fait qu'il dise qu'il avait été heureux que je le fasse me plaisait. J'avais terminé de m'occuper de lui lorsqu'il m'avait avoué son âge. Quatre ans de plus que moi. Je faisais rapidement le calcul dans ma tête. Comment avions-nous pu nous rencontrer ? Avec notre différence c'était impossible que ce soit au lycée. Des amis en communs ? Plus probable. Pas avec Clio déjà, car elle m'aurait automatiquement parlé de lui. Encore un mystère que je me devais de résoudre, surtout quand il me confirmait que personne ne l'avait prévenu de mon retour.

Pourquoi le laisser dans l'ignorance ? Sa voix avait été légèrement sèche, comme si il était en colère que personne ne lui ai parlé. Espérait-il me revoir un jour ? Je fus tiré de mes pensées lorsqu'il se leva brusquement, et retira son t-shirt dans la foulée. Je déglutissais, mon regard se portant automatiquement sur son corps. Je lui demandais si notre relation était secrète et il réagit plutôt violemment. Il s'arrêta de fouiller dans son casier, son corps se raidissant. « Nous n'avons jamais été un couple secret, depuis le lycée nous sortions ensemble. Une année là-bas, puis deux un peu à distance car j'étais à Chicago pour mes études. » Je l'écoutais sans rien dire. Alors nous nous étions connu au lycée. Il n'était pas qu'un amour d'ados puisque ça avait duré au delà, jusqu'à Chicago même. «C'était une période de notre couple assez difficile, nous étions loin et des problèmes se sont rajoutés. J'ai même été un pauvre idiot, tu ne me méritais pas durant cette période là. Je t'aimais tu sais, de tout mon cœur, de tout mon être. » Je l'observais, ne prononçant toujours aucun mot. Je n'avais aucune idée des problèmes qu'il évoquait. Mais tout ce que je retenais de ses paroles était le fait qu'il m'aimait. « Mais j'ai fait des erreurs que tu m'as étrangement pardonné. » Il s'était tourné vers moi, s'approchant à mesure qu'il parlait. Je voyais dans ses yeux qu'il était à la fois en colère, sincère et nostalgique. « Tu n'as qu'à demander à Clio pourquoi est-ce qu'elle ne m'a pas averti, pourquoi est-ce qu'elle t'as tenue éloignée de moi, me laissant croire que tu étais encore au cimetière ! Je n'ai été qu'un pauvre idiot mais je t'aimais ! Tu ne peux pas savoir combien.. Je t'aimais tellement Isla ! » Ses derniers mots me percutèrent de plein fouet. Mon cœur rata même un battement à l'évocation de ses sentiments. Sa voix tremblait sous le coup de l'émotion. J'étais tétanisée, incapable de dire le moindre mot. Ses mains se posèrent de part et d'autres mon visage, il m'observait comme si j'étais la chose la plus délicate en sa possession. Et je le croyais.

Je venais couvrir ses mains des miennes, comme pour m'assurer qu'elles étaient bien là.Je ne vivais pas un rêve ou une quelquonque vision, il était bien là. Mon cœur battait pour lui si rapidement qu'il pouvait sûrement l'entendre. « Je..» Les mots étaient sur le bout de ma langue, mais je ne savais pas si je pouvais les laisser sortir tels quels. « Je te crois. Vraiment. J'aimerais tellement m'en souvenir, pouvoir  te dire la même chose.  » Mon regard fit la navette entre ses yeux et sa bouche, incapable de se fixer. Je n'avais pas honte d'avouer qu'il me faisait de l'effet que j'avais du mal à penser correctement en sa présence. Savoir qu'on avait partagé quelque chose d'intense n'aidait pas. Quelques centimètres nous séparaient, je pouvais sentir la chaleur de sa peau contre la mienne. Je sentais également une tension, comme si il s’empêchait de faire quelque chose. « J'ai l'impression de ne pas être maître de moi-même face à toi.  » M'interrogeant du regard, je m'empressais de répondre. « J'ai des crampes à l'estomac, les mains moites, le cœur qui accélère. Et cette envie irrésistible de t'embrasser.» Le stress avait tendance à me rendre bavarde, et même plus. Maintenant que j'étais lancé, les mots fusaient sans que je ne puisse les contrôler. « Je n'ai aucune idée de ce qui a pu nous arriver, à quels problèmes on a  fait face.  Je ne sais pas pourquoi ma cousine s'est tu à ton sujet et pourquoi elle ne t'a pas prévenu. Je ne sais rien de tout ça, mais là, je n'ai pas envie de savoir. » Ma main droite alla se poser sur sa nuque, attirant son visage dans ma direction. « Je..Je veux vivre le moment présent.. » chuchotais-je, comme si mon aveu était un péché. Oui un péché. Marlon était la représentation de mes péchés. Il devait y avoir une raison pour que je le suive dans les vestiaires. « Je ne sais pas ce que j'ai pu te pardonner, mais si je l'ai fais, c'est que j'avais des sentiments pour toi. Et si je suis là, maintenant, c'est qu'au fond je dois toujours en avoir. » Ma voix était toujours basse, presque inaudible. Une légère pression sur sa nuque, et je me levais sur la pointe des pieds pour poser mes lèvres sur les siennes. Une légère et rapide caresse. Je testais sa réaction. Je n'avais aucune idée de ce dans quoi je m'embarquais, mais depuis mon réveil je voulais aller de l'avant, et profiter.

Je renouvelais le baiser, un peu plus prononcé cette fois. Mes deux mains imitant les siennes, posées sur sa mâchoire. J'avançais timidement vers lui, collant mon corps au sien. C'était mon instinct qui me poussait vers lui, qui me faisait agir sans raison. Parce que oui, c'était inconsidéré. Je ne le connaissais pas, enfin plus. Il pourrait être n'importe qui et me raconter n'importe quoi, et profiter de mon amnésie. Ça c'est ce que ma raison me disait. Mais mon cœur, lui, me hurlait de profiter de chaque secondes, de suivre cet instinct qui me poussait vers lui.  Il n'avait pas encore réagit, et ça commençait à m'inquiéter. Je me reculais, laissant néanmoins mes mains sur son visage. Il semblait perdu. Je lâchais complètement son corps, me reculant. « Je n'aurais pas du..Dé..Désolée..» Je baissais la tête, honteuse, et me mordais la lèvre. Mon instinct parlait pour moi, mais pas forcément pour lui.


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MessageSujet: Re: And disappeared in front of my eyes | Marlon   11.06.14 23:30

I stared up at the sun, thought of all of the people, places and things I’ve loved. I stared up just to see, of all the faces, you were the one next to me.. ♪♫ -crédit blackheart+onerepublic.

   
Je m'étais énervé, j'étais sorti de mes gonds. Personne ne pouvait savoir combien à cet instant, j'étais frustré que Clio ou ne serait-ce qu'un seul proche à Isla ne m'ait averti plus tôt de sa présence, de.. du fait qu'elle soit vivante. Merde quoi ! Trois années avec elle, ce n'est pas rien ! J'ai le droit d'être mit au courant et d'alléger ma peine ! C'est juste inhumain de m'avoir fait ça. J'étais furieux, je me sentais presque trahi par la ville entière. Et puis quoi, tout le monde était au courant sauf moi ? Et si Eleaonore le savait ? Alors ce ne serait qu'une vil et cupide garce. Or, j'étais persuadé qu'elle n'en savait rien. Elle ne savait pas me mentir et puis, j'avais plus de foi en elle quand même. Elle n'aurait jamais pu me faire ça, même si cela aurait pu l'avantager. Mais, l'avantager en quoi ? Je n'étais pas en train de retomber dans les bras d'Isla non ? Si ? Je n'en savais rien et à vrai dire, ce n'était pas des pensées avec lesquelles je voulais interagir car elles me rendaient un peu mal à l'aise. Oui, j'étais mal à l'aise avec ma propre conscience. Cela cachait des choses, je le savais mais comme d'habitude et par une grande précaution, je poserais mes pensées et mes sentiments à part, ailleurs, plus tard. C'était préférable avant que je ne fasse une bêtise. Alors même que je finissais ma dernière tirade un peu sèchement à propos de Clio et du fait que c'était totalement injuste, je finissais avec une note de sentimentalisme en lui avouant mes sentiments les plus profonds. Ne vous moquez pas, ce n'est qu'une fois qu'elle fut déclarée morte que j'avais prit conscience de l'ampleur de mes sentiments pour elle, de mon attachement si profond et si vrai mais également si douloureux à présent. S'en était-il allé cet attachement ? Peut-être bien, peut-être que non.

Tel un idiot, je me rendais alors compte que oui, je lui touchais tendrement son visage, que oui, j'étais proche d'elle, mais qu'aussi j'étais en sous-vêtement. Je n'avais pas réfléchi, comme à mon habitude. Mon boxer à sa place, je ne sentais que ce tissu contre ma peau et non plus celui du tshirt me servant à jouer. Je l'avais balancé dans le panier à linge de l'équipe. Il était tout simplement trempé et alors-même que j'étais en train de rechercher un haut, la discussion avait dégénérée et je m'étais retrouvé-là. Un endroit où je n'avais pas lieu d'être, un contact que je n'avais pas le droit d'avoir. Et pourtant, je me sentais si bien avec elle. Elle me couvrait de ses mains les miennes et je souris presque timidement. « Je te crois. Vraiment. J'aimerais tellement m'en souvenir, pouvoir te dire la même chose.  » Alors le déclic. La prise de conscience et une soudaine honte qui m'inondait. Mais qu'est-ce que tu as cru bon de faire Marlon ? Tu n'es qu'un idiot ! Je me suis totalement laissé envahir par mes souvenirs, pas mes émotions et je n'ai pas réfléchi à Isla. Non, à Harper. Voilà, je n'avais pas déterminé le fait qu'à présent, c'était Harper en face de moi et non Isla. Alors, tel un électrochoc, j'écartais d'un seul geste mes deux mains de ses joues, le regard troublé. Je ne m'en éloignais pas, je n'en avais pas le temps. Je l'écoutais attentivement, mais après ce déclic, je prenais un certain recul face à ses paroles. Elle ressentait de l'attirance pour moi, son corps en avait mais, elle ne me connaissait pas. Elle ne nous connaissait pas. « Je..Je veux vivre le moment présent.. » me chuchota t'elle avant agripper ma nuque et de m'attirer vers elle un peu plus. « Je ne sais pas ce que j'ai pu te pardonner, mais si je l'ai fais, c'est que j'avais des sentiments pour toi. Et si je suis là, maintenant, c'est qu'au fond je dois toujours en avoir. » Ces paroles auraient pu me faire du bien, ces paroles auraient pu m'enchanter mais au lieu de ça, elles eurent l'effet inverse. J'avais envie de partir, de m'éclipser, de disparaitre. Non, j'avais même envie de chialer. Ouais, chialer pour notre cause qui était perdue. Notre couple qui était effacé, qui n'existait plus. J'avais envie de crier ma colère au monde et de m'accroupir dans un endroit où personne n'irait me chercher. J'avais envie de me recroqueviller, cette douleur dans ma poitrine me déchirant de toute part. Alors elle m'embrassa une fois, puis une seconde fois. Ils étaient beaux, ils étaient bons, ils étaient intenses et précieux. Et j'y répondais, mais de toute ma vie, ce fut la première fois que je partageais mes lèvres avec autant d'intensité et de douleur. Je me sentais vaincu et terriblement perdu. Ce baiser, je l'avais partagé avec amour mais pour moi, il était digne d'un au revoir. Je n'embrassais pas Isla, j'embrassais Harper et j'avais la gorge nouée. Elle se reculait, me laissant pantois là, debout, le regard troublé. « Je n'aurais pas du..Dé..Désolée..» Alors je fermais les yeux et je réfléchissais. Que pouvais-je bien faire ? Ma douleur était enivrante, elle me prenait de toute part et mon pouls battait fort de nouveau. Ma poitrine douloureuse, j'appuyais avec deux de mes doigts sur mes yeux quelques instants. Alors je lui prenais la main doucement et je m'installais sur le banc, l'invitant d'un regard à faire de même.

Ma tête était baissée et je restais dans un long silence, réfléchissant à ce que je pourrais lui dire. « Harper » réussis-je à dire, bien que difficilement. J'avais l'impression que dans ma bouche, ça sonnait faux, que ce n'était qu'un mensonge. Alors je me rendais compte de nouveau que notre couple devenait lui aussi une fantaisie, un conte. Je fermais les yeux de douleur une nouvelle fois, lui serrant légèrement la main de nos doigts encore entrelacés. « Tu n'as pas le droit, tu ne peux pas. » Non, elle ne pouvait pas. Je ne pouvais pas non plus. « Je, je ne peux pas moi non plus, je n'en ai pas le droit. Mais toi, c'est plus que ça encore. » Elle ne devait rien comprendre à ce que je disais. « Tu es.. Harper. Et moi, j'ai connu Isla. Isla m'a connue aussi. Toi, tu ne me connais pas et je ne te connais plus. Et.. » Putain, j'ai envie de pleurer. « Et je me rends compte que notre couple n'a jamais existé maintenant. Il a disparu, toutes ces années, tous ces moments, tout ça a disparu avec Isla. Il n'y a plus rien, plus une once de ce qu'était notre couple. Il est perdu. » Je lâchais sa main car la mienne commençait à trembler. Pour me contrôler, je les passais sur mon visage puis je me levais d'un bond. « Je pensais que Isla n'était plus de ce monde, mais j'avais au moins les souvenirs de notre couple qui pouvait me donner un bon regard sur mon passé, qui pouvait m'aider d'une certaine manière à me dire : je l'ai rendue heureuse, j'ai été heureux. Mais maintenant, tu reviens et tu es Harper et, et ce que je pouvais avoir comme héritage bénéfique de cette disparition, cela s'est envolé. C'est comme si rien de tout ça n'a existé. Il n'y a plus d'Isla, il n'y a plus de nous, c'est comme si il n'y avais jamais rien eu. Je suis le seul avec ces souvenirs et maintenant, ce sont des souvenirs douloureux car ils n'auront jamais été partagés réellement en fin de compte, ils n'auront pas perdurés. » Je la regardais cette fois-ci dans les yeux, déclarant : « Et tu ne peux pas tomber amoureuse d'un inconnu, tu ne peux pas tomber amoureuse de souvenirs oubliés. » Je me taisais à présent et un frisson me parcouru. Il me rappelait à l'ordre, comme si à présent, je devais m'en aller. Alors je m'habillais rapidement, enfilant un pull marin à lignes blanches sur du bleu foncé, puis un jean noir. Mes chaussures enfilées, je tripotais nerveusement ma montre en cuir après avoir claqué la porte de mon casier. C'est en mettant ma veste en cuir noire, que j'osais une dernière phrase. « Je suis désolé, Harper. » Et je partis, je ne partais pas comme un voleur. Je partais le cœur lourd, la poitrine chaude et la gorge nouée. Je me passais une main dans les cheveux, je mettais mes lunettes de soleil. Je ne voulais croiser personne.
   
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MessageSujet: Re: And disappeared in front of my eyes | Marlon   12.06.14 16:44




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Je savais qu'il s'était passé quelque chose dans sa tête. Il avait complètement changé d'attitude, son corps trahissant son malaise. Les baisers que je lui avais donné avaient été purement instinctif, et j'avais cru qu'il avait apprécié vu sa réaction. Ses lèvres contre les miennes avaient si douces. Il fallait que je le fasse sinon je l'aurais regretté par la suite. Et le regret allait sûrement arrivé plus vite que prévu. Il avait retiré ses mains de mon visage un peu brusquement, me faisait légèrement sursauter. Dans son regard je voyais qu'il n'était pas prêt à cela. Quelques minutes passèrent avant qu'il ne prenne ma main, m'invitant à m’asseoir comme lui sur le banc. Je me laissais guider, apréhendant ce qui allait se passer. Car oui, il allait se passer quelque chose. « Harper » Sa façon de prononcer mon prénom n'annonçait rien de bon. Nos doigts toujours entrelacés, Marlon prit le temps de respirer avant de se lancer « Tu n'as pas le droit, tu ne peux pas. » « Que...Quoi ? » Je l'observais, ne comprenant pas ce qu'il se passait. « Je, je ne peux pas moi non plus, je n'en ai pas le droit. Mais toi, c'est plus que ça encore. » Ses mots ne m'atteignaient pas, ils glissaient sur moi sans que je puisse les comprendre. C'était comme être en dehors de mon corps, vivre la situation comme une spectatrice.« Tu es.. Harper. Et moi, j'ai connu Isla. Isla m'a connue aussi. Toi, tu ne me connais pas et je ne te connais plus. Et.. » Mon cœur loupa un battement. Il prenait conscience de qui j'étais, et de qui je n'étais plus. « Et je me rends compte que notre couple n'a jamais existé maintenant. Il a disparu, toutes ces années, tous ces moments, tout ça a disparu avec Isla. Il n'y a plus rien, plus une once de ce qu'était notre couple. Il est perdu. »Je lâchais sa main comme si elle m'avait brûlé. Il tirait un trait définitif sur notre passé. Les larmes commençaient à se former au coin de mes yeux mais j'essayais de les retenir le plus possible. « Je pensais que Isla n'était plus de ce monde, mais j'avais au moins les souvenirs de notre couple qui pouvait me donner un bon regard sur mon passé, qui pouvait m'aider d'une certaine manière à me dire : je l'ai rendue heureuse, j'ai été heureux. Mais maintenant, tu reviens et tu es Harper et, et ce que je pouvais avoir comme héritage bénéfique de cette disparition, cela s'est envolé. C'est comme si rien de tout ça n'a existé. Il n'y a plus d'Isla, il n'y a plus de nous, c'est comme si il n'y avais jamais rien eu. Je suis le seul avec ces souvenirs et maintenant, ce sont des souvenirs douloureux car ils n'auront jamais été partagés réellement en fin de compte, ils n'auront pas perdurés. » Son rgard se posa enfin sur moi, et c'est ce qui me fit le plus mal. Il était sincère dans ce qu'il disait. « Et tu ne peux pas tomber amoureuse d'un inconnu, tu ne peux pas tomber amoureuse de souvenirs oubliés. »

J'étais comme anesthésié. Je n'avais que peu réagi à ses mots, mais en même temps, qu'est-ce que j'aurais pu dire ? Je n'étais pas celle qu'il avait connu. A ses yeux, cette fille était morte et il n'y avait aucun moyen qu'elle revienne. Il se leva pour s'habiller, évitant soigneusement de me regarder. Les larmes débordèrent de mes yeux, roulant sur mes joues. J'évitais de renifler afin de ne pas paraître plus misérable que je ne l'étais déjà. « Je... » Ma voix se brisa avant de pouvoir prononcer un seul mot. Qu'est-ce que je pouvais bien dire ? Ce que moi je ressentais, ce n'était pas son affaire. « Je suis désolé, Harper. » souffla-t-il avant de partir. Je restais là, sur le banc, figée. Comment avais-je pu imaginer qu'il me suffirait de l'embrasser pour récupérer mon passé ? Que ce soit lui ou quelqu'un d'autre, je ne pouvais pas forcer les gens à se comporter comme avant avec moi. Surtout que je n'avais quasiment pas de souvenir de l'avant. Est-ce que c'était une bonne idée de revenir à Fairbanks ?
Les larmes que je refoulais coulèrent de plus belles, m'arrachant quelques sanglots. Cette rencontre avec Marlon m'apprit que je n'étais plus celle d'avant, que vouloir récupérer ma vie comme si rien ne s'était passé n'était juste pas possible. Au yeux de nombreuses personnes, j'étais morte depuis deux ans. La Isla qu'ils avaient connu avait cessé d'exister dans cet accident. J'étais Harper, j'étais différente et je ne pouvais pas les forcer à m'aimer pour celle que j'étais devenue. Je me frottais les yeux, essayant de stopper mes larmes. Clio avait réagit différemment mais sa peine devait être la même. C'était égoïste de ma part de vouloir revenir dans leurs vies en cherchant à effacer mon absence.

Je trouvais enfin la force de me lever du banc. C'est les jambes flageolantes que je récupérais mes affaires. Même si ça faisait mal, c'était nécessaire. Marlon appartenait à mon passé, comme Isla appartenait au sien. Je ne pouvais pas reprendre ma place après ces deux années loin d'ici. Même si je sentais que nous étions liés, je ne pouvais pas l'obliger. Lui ou quelqu'un d'autre. Mon passé n'appartenait qu'à moi et ce que je voulais en faire ne devait pas toucher d'autres personnes. J'enfilais mon pull et déposais la serviette devant son casier. Du bout des doigts je caressais le numéro 17 inscrit dessus. Les mots me revenaient en mémoire Tu es.. Harper. Et moi, j'ai connu Isla. Ma respiration devient difficile. [Il n'y a plus d'Isla, il n'y a plus de nous, c'est comme si il n'y avais jamais rien eu Je déglutissais en m'éloignant du casier. Ce n'était pas parce que je ressentais ces choses, que c'était comme avant. Je ne savais même pas si c'était de l'amour. On ne pouvait pas être amoureuse de quelqu'un qu'on ne connaît pas. J'essuyais les dernières larmes qui maculaient mon visage. J’espérais ne croiser personne. Je ne voulais pas avoir à faire face aux groupies de la patinoire. J’entrouvris la porte et inspecta les couloirs, personne à l'horizon. Il faudrait que j'en sache plus sur moi pour éviter ce genre de confrontations douloureuses. Je pris mon téléphone avant de composer un numéro. « Clio ? C'est moi. Je vais avoir besoin de ton aide... Rien de grave rassures-toi. Juste, est-ce que t'aurais des affaires m'appartenant ? …. Oui, voilà. Ca serait super. Je rentre là.... Je t'expliquerais. » Je n'allais pas tout lui dire car si elle m'avait caché Marlon, elle avait sûrement ses raisons. Et je ne voulais pas prendre le risque de brusquer quelqu'un d'autre.

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