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 nous trouvions le bonheur en ne l'exigeant pas (harper)

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le pinguson message
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MessageSujet: nous trouvions le bonheur en ne l'exigeant pas (harper)   12.06.14 20:37

Harper Jones Valentin Klements
nous trouvions le bonheur en ne l'exigeant pas
Participants ✦ Harper & Valentin.
   Statut ✦ privé.
   Lieu ✦ McCaffety's.
   Date ✦ mi juin.
   Moment ✦ fin d'après-midi.
   Météo ✦ quelques nuages, temps frais
   Prévention -18 ✦ c'est soft ici.
   PNJ ✦ je n'y suis pas opposée.


Si tu t'enquiers pourquoi sur mon tombeau.
Si tu t'enquiers pourquoi sur mon tombeau On aura mis deux éléments contraires, Comme tu vois être le feu et l'eau Entre éléments les deux plus adversaires : Je t'avertis qu'ils sont très nécessaires Pour te montrer par signes évidents Que si en moi ont été résidents Larmes et feu, bataille âprement rude : Qu'après ma mort encores ci dedans Je pleure et ars pour ton ingratitude. - blackheart & Maurice Scève.  
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MessageSujet: Re: nous trouvions le bonheur en ne l'exigeant pas (harper)   12.06.14 20:38

Entre, n'entre pas. Entre, n'entre pas. Valentin hésite. Il ne sait pas trop s'il fait bien, en fait, comme d'habitude. Ce n'est pas la première fois que le Français hésite à entrer devant le McCaffety's. La principale raison de son hésitation, c'est bien évidemment l'aspect financier : il n'a pas beaucoup d'argent, alors le dépenser pour une raison aussi futile qu'un café ne lui convient pas beaucoup. Mais c'est aussi une hésitation d'ordre plus psychologique. Valentin a longtemps hésité à pénétrer dans un haut lieu de la sociabilité alors qu'il se sentait en miettes. Mais il a fini par le faire. Il a fini par réussir à venir sans trop se forcer, c'est-à-dire sans penser à ses sous. Mais aujourd'hui, la situation est légèrement différente. Valentin se mord la lèvre. Il se demande si c'était une si bonne idée que cela, qu'il a eu. Il s'est levé le matin, en proie à une fatigue dévorante, le corps parcouru de douleurs, et la motivation partie en vacances ; c'est alors qu'une idée s'est imposée à lui : il ne peut continuer comme cela. Il n'est pas fait pour travailler dans l'entretien. Faire du ménage n'a jamais été son fort, à la maison, il ne s'en occupait pas. C'est un sale gosse de riches, en fait. Il ne trouve aucune valorisation à ce qu'il fait, au contraire. Il ne fait que sombrer un peu plus. N'étant pas fier de ce qu'il fait, même s'il conçoit que son travail est plus que nécessaire, Valentin se laisse un peu aller. En arriver à la dépression serait si facile. Dans un dernier sursaut de volonté, Valentin a donc décidé qu'il allait faire une demande auprès de Harper. Il doit savoir s'il y a du travail pour lui au McCaffety's, un travail qui, si possible, ne se limiterait pas à nettoyer les toilettes des clients. Le faire, pourquoi pas, mais il veut aussi avoir d'autres occupations plus intéressantes à côté.

A présent, devant le café, Valentin hésite. Il sent déjà qu'il a perdu une partie de sa volonté, qu'il n'a plus trop envie de changer les choses. Au fond, pourquoi se battre ? Il songe avec nostalgie à son ancienne vie, mais ne voit pas trop comment il pourrait la retrouver. Ça n'a plus vraiment d'importance, son avenir est définitivement mort et enterré. Vouloir améliorer sa condition lui paraît dérisoire. Il devrait toujours se confronter aux horaires difficiles, au travail physique - ce qui l'a toujours fait frissonné, avant de devenir pauvre -, et au regard des autres, qui ne verront en lui qu'un miséreux. Encore heureux qu'il ne salisse pas son vrai nom. Et puis, même s'il avait envie de changer... travailler dans le même café que Harper serait une idée dangereuse. Au fond, ils n'en sont pas encore au point où ils seraient amis pour la vie et s'aideraient dans les moments difficiles. Cela viendrait peut-être plus tard. Pour le moment, il conserve une partie de sa méfiance naturelle à l'égard de tout inconnu. Finalement, c'est décidé, il va laisser tomber et rentrer chez lui. C'est son budget qui sera content. Au moment même où il s'apprête à rentrer, il aperçoit Harper, qui tourne pile la tête à ce moment-là. A présent, elle l'a vu. Il ne peut plus partir, ou elle pensera qu'il la boude, ce qui serait totalement faux. Retenant un soupir, il pénètre dans le café et se dirige vers elle. « Bonjour, Harper. Je pourrais... te parler en privé ? D'une affaire... » Vu qu'il est arrivé jusque là, autant tenter le coup, pas vrai ? Même s'il n'est pas très motivé et a peur de perdre de l'argent, il vaut mieux qu'il se soit déplacé pour quelque chose...
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MessageSujet: Re: nous trouvions le bonheur en ne l'exigeant pas (harper)   12.06.14 21:50




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Alterner cours et boulot n'était pas facile mais essentiel. J'avais besoin d'être loin des études parfois, de me sentir adulte et responsable. Et inversement, les cours me permettait de me concentrer sur un domaine qui m’intéressait vraiment et qui me permettait de m'échapper de mes problèmes. C'était un équilibre qui m'aidait à garder la tête froide, loin des cauchemars. Ma vie semblait prendre une tournure particulière. Je pensais avoir vécu le pire en revenant ici mais ma rencontre avec Marlon avait enfoncé le clou. Ca avait été brut, instinctif et violent. L'un comme pour l'autre. Avec du recul, je me dis que ça aurait du se faire différemment. Je lui avais imposé ma présence, ne pensant qu'à ce que je ressentais et non à ses sentiments à lui. C'était la crainte que j'avais en ayant décider de revenir à Fairbanks. Mais maintenant je devais assumer.
Alors je tentais de me changer les idées. Je me lançais à fond dans les études, travaillant la nuit quand mes douleurs à la jambe m’empêchait de dormir. Et au café en multipliant les tâches afin de ne jamais rester inactive. Une véritable pile électrique.

Aujourd'hui comme les autres jours, je m'affairais à préparer mes commandes et à nettoyer le bar. J'aimais être en contact direct avec le client. Je prenais toujours le temps de discuter, d'offrir un sourire avec la boisson et en général on me le rendait bien. La fin d'après-midi nous amenait toujours plus de clients et je n'allais pas me plaindre, ça remplissait les caisses du café. « Patron, je vais prendre ma pause dans deux-trois minutes, c'est bon ? » demandais-je à haute voix alors que j'étais en train de nettoyer le filtre de la machine a café. La réponse arriva de l'autre bout du bar   « Regarde si il y a des nouveaux clients avant, et tu pourras y aller. » « Ca marche ! »  Je terminais de nettoyer, jetant l’essuie-tout usagé que j'avais utilisé avant d'essuyer mes mains sur mon tablier. Je me tournais vers l'entrée du café, distinguant une silhouette que je connaissais. Je levais la main pour le saluer, l'invitant à entrer. Il finit par entrer et se dirigea vers moi. Je lui offrais un sourire alors que je passais une éponge sur le bar devant moi. « Salut Val ! » « Bonjour, Harper. Je pourrais... te parler en privé ? D'une affaire... » Son air mystérieux attisa ma curiosité. «  Heu..Bah oui, je vais prendre ma pause de toute façon.  » Je fis le tour du bar, souriant à mon récent ami. « Tu veux peut-être boire quelque chose ? Ou manger ? » Il était rare que j'offre des consos, mais pour les amis je n'hésitais pas. Surtout Valentin. Je voyais bien son air gêné au début, mais à chaque fois il semblait apprécié et cela me faisait plaisir. J'attrapais un cookie sur le présentoir avant de mordre dedans. « On feut aller dans le chouloir» dis-je la bouche pleine,  enlevant les miettes de mon t-shirt.

Je l'invitais à me suivre. Au moins là-bas nous serions tranquilles. Je connaissais Valentin depuis peu mais il m'avait fait de suite bonne impression. Quelqu'un de gentil bien que très discret. Il ne parlait pas tellement de lui,  et parfois j'avais l'impression que c'était volontaire. Ou alors c'était moi qui parlait trop. Je savais que j'avais tendance à me plaindre et à raconter ma vie, surtout avec lui, alors que ce n'était pas dans ma nature. Était-ce le fait de savoir qu'il n'était pas une personne que j'avais oublié qui aidait ? Quand je le regardais, je n'avais pas à avoir peur de le décevoir si je ne me rappelais pas de tel ou tel chose.  Enfin bref, je m'asseyais dans les escaliers qui menaient à l'appartement du gérant, le cookie sur les genoux. « Alors, de quoi voulais-tu me parler ? » demandais-je, le sourire aux lèvres.


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MessageSujet: Re: nous trouvions le bonheur en ne l'exigeant pas (harper)   13.06.14 12:25

Ça y est, Valentin est entré dans le café. Il est toujours effaré par le contraste qu'il y a entre l'intérieur et l'extérieur, ce sont des ambiances bien différentes. A l'extérieur, la fraîcheur, les gens qui s'ignorent, la solitude. A l'intérieur, la chaleur, tant de l'air qu'humaine. Le contraste est tel qu'il se sent un peu perturbé. Il n'a pas sa place dans un tel établissement, il ne l'a jamais eue. Autrefois, il n'aurait jamais daigné y mettre les pieds, la clientèle n'étant pas assez sophistiquée à son goût. Désormais, il n'ose pas y aller car il se sent trop minable. Pourtant, Harper est là, qui lui fait des signes et se réjouit visiblement de sa présence. Il s'en veut de l'embêter avec cela. Heureusement, elle lui signale que c'est l'heure de sa pause, ce qui veut dire qu'il n'empiète pas sur son temps de travail. Son patron n'aurait donc aucune raison de lui retirer sournoisement une partie de sa paye à cause de cela. D'un autre côté, il va l'embêter alors qu'elle s'apprête à se reposer, ce n'est pas très gentil non plus de sa part. Si elle ne lui souriait pas aussi facilement, il serait sans doute déjà reparti. Il n'a jamais été couard mais, à présent, il se rend bien compte qu'à trop se refermer sur lui-même, il n'est plus capable de gérer avec la même facilité une situation de communication. Bien sûr, il ne connaît pas les difficultés des véritables timides, confrontés à un blocage psychologique qui leur donne l'impression d'être entourés d'un mur impossible à surmonter ; non, telle n'est pas la situation de Valentin. Chez lui, c'est plutôt un problème de volonté : il a perdu l'habitude de se battre pour ce qu'il veut. Heureusement que Cléon ne l'a jamais vu comme cela. Il l'aurait remporté sans le moindre effort.

Valentin secoue la tête pour refuser poliment sa proposition de lui offrir à boire ou à manger. Il déteste quand on l'aide, et il a l'impression de faire de la mendicité. C'est déjà assez difficile de se dire qu'il quémande un emploi, il ne peut donc pas accepter autre chose de la part de Harper. Ce n'est même pas une question de fierté : s'il avait encore de l'orgueil, il ne s'abaisserait même pas à aller demander. C'est simplement une logique : il ne peut lui demander d'être celle qui lui ouvrira les portes du monde. Dans la vie, il faut travailler dur, et ne pas compter sur les autres. Il n'a pas envie de devenir un assisté, et ne voudrait pas voir ses espoirs déçus si la personne qui l'aide décide subitement de l'abandonner. Il n'est pas très positif, il ne croit pas vraiment en l'amitié, même s'il sent qu'il pourrait créer un lien avec Harper, un lien profond qui pourrait renverser sa vision de l'amitié. Cela reste à voir, il n'en est pas là pour le moment. Il la suit dans le couloir et prend une profonde inspiration quand elle lui demande ce qu'il lui veut. Si elle s'assoit sur les escaliers, lui reste debout. C'est curieux, il vit désormais pour nettoyer la saleté et n'a plus peur de se salir... pourtant, l'idée de s'asseoir sur des escaliers, qui sont une zone de passage, lui déplaît fortement. Après tout, il lui faudrait épousseter ses vêtements, peut-être même les nettoyer s'ils sont tâchés - et les lessives sont coûteuses pour son budget. « Que penses-tu de faire du ménage ? Tu... trouves que c'est bien ? » N'arrivant pas à lui avouer directement la raison de sa venue, il préfère prendre une voie de biais et amener progressivement le sujet sur le tapis. Qui plus est, cela crée une illusion de proximité entre les deux : Valentin s'ouvrant à Harper, lui exposant ses problèmes, même si ceux-ci sont aussi triviaux que des douleurs dans le corps dû à son emploi. C'est un peu le prélude de la relation qu'il aimerait développer avec elle, sans même s'en rendre compte. « Il se pourrait que je recherche... un autre emploi. » Il ne développe pas, attendant de voir si elle va comprendre ou non l'allusion. Il ne la connaît pas assez pour savoir si elle saura réagir en conséquence ou si elle choisira la mauvaise signification. Peut-être cherche-t-il à la tester en faisant cela. Ou peut-être est-ce juste qu'il n'ose pas demander simplement de l'aide. Persuadé de mériter son malheur et de ne pas pouvoir l'améliorer, à quoi lui servirait un secours ? Une épaule pour pleurer n'est jamais rien d'autre qu'un support dérisoire où l'on déverse ses larmes ; ces dernières pourraient cependant très bien s'écouler le long d'une couette moelleuse ou d'une vitre glacée. Cela ne change rien pour un cœur comme le sien. L'idée de rentrer dans le système, de demander de l'aide comme avant... le contrarie.
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MessageSujet: Re: nous trouvions le bonheur en ne l'exigeant pas (harper)   13.06.14 21:17




talk that talk

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J'observais Valentin, attendant qu'il m'explique la raison de sa venue. Il semblait bien mystérieux quand à celle-ci, se tenant droit face à moi comme si l'heure était grave. A force de le côtoyer, j'avais comprit qu'il était d'un calme affolant. Je ne l'avais pas encore vu s'énerver, même peu. Il était toujours sérieux, poli, en retrait. Ça devait être fatiguant pour lui d'être à mes côtés car je pouvais être une véritable pile électrique et j'arrivais à m'auto-souler, alors lui je n'imaginais pas.  Il ne s’essaya pas, se contenant de m'observer. Quelque chose le tracassait. Quelque chose dont il voulait me parler sans savoir comment. Je penchais la tête sur le côté comme pour l'encourager à parler. « Que penses-tu de faire du ménage ? Tu... trouves que c'est bien ? » Je le fixais, un peu perdue. Je ne savais pas tellement où il voulait en venir. Même si il restait mystérieux, il semblait me demander mon avis sur quelque chose qui l'importait. Je lui souriais. Savoir qu'il voulait avoir mon avis sur quelque chose me faisait plaisir. J'étais persuadée que nous pouvions être amis, que nous pourrions partager plein de choses. « Bah heu.. Oui, fin c'est un métier comme un autre.. » J'attrapais mon morceau de cookie avant croquer avidement dedans. Dieu ce que c'était bon. Je m'empiffrais de tout un tas de truc depuis mon réveil. J'avais oublié ce que j'aimais ou non, alors il fallait bien que je teste. J'embêtais souvent Clio avec mes expérimentations et ma junk-food récurrente, elle ne cessait de me répeter que j'allais finir par être malade. Mais ça ne m'arrêtait pas. J'aimais toujours grignoter des pâtisseries du café dés que j'avais une pause. Enfin bref.

« Il se pourrait que je recherche... un autre emploi. » Même ses phrases étaient mystérieuses. Je m'essuyais la bouche avant de répondre. « A heu...» dis-je, cherchant mes mots. Il y avait quelque chose qui n'allait pas et il n'osait pas m'en parler. Qu'il vienne à parler d'un autre emploi sous-entendait qu'un seul n'était pas suffisant, et qu'il manquait de quelque chose. D'argent ? « Valentin, est-ce que tu as de ennuis ?» Ma voix était un peu grave. Je me redressais , appuyant mes coudes sur mes genoux. « On se connaît pas depuis longtemps, mais si jamais t'as un soucis, tu sais que tu peux m'en parler hein.» ajoutais-je en souriant. Quand on se trouvait face à quelqu'un qui se trouvait dans le besoin, il ne fallait pas hésiter à tendre la main. A mon retour à Fairbanks, plusieurs personnes m'avaient aidé. Je ne parlais pas de ma famille, mais par exemple de Lynn. Elle m'avait proposé de m'aider à retrouver ma famille, en particulier ma mère. C'était aussi un peu grâce à elle – et Clio – que j'avais su ce qui m'avait coûté ma mémoire. C'était essentiel pour moi de savoir. J'avais été aidé, alors si à mon tour je pouvais aider quelqu'un, je n'hésiterais pas.

Je finis par me lever des escaliers, secouant mon t-shirt pour enlever toutes traces de mon goûter. Je descendais les quelques marches qui me séparaient de lui avant de me placer devant lui. « Je connais pas tellement la ville, mais pour un boulot, je pourrais peut-être parler de toi au patron. » Mon patron ne recrutait pas forcément, mais il aimait les changements d'équipes. Il voulait une certaine dynamique au sein de son établissement, engageant principalement des étudiants mais si je faisais les yeux doux, il accepterait sûrement. « On pourrait travailler ensemble, ça serait cool. » L'idée me traversa la tête. C'est vrai que ça serait drôle. Ça me permettrait de mieux le connaître parce que j'en avais envie. Valentin semblait être quelqu'un de bien. Et c'était ce genre de personne dont j'avais besoin autour de moi.  Je réfléchissais beaucoup à ce que je devais faire au niveau de mes relations. Ma rencontre avec Marlon m'avait pas mal chamboulé. Il avait raison quand il parlait de nous au passé. Je ne pouvais pas être avec lui de nouveau car je n'étais pas celle qu'il avait aimé. Je devais aller de l'avant et rencontrer de nouvelles personnes. « Comme ça on se verrait plus souvent. »

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Dernière édition par I. Harper Jones le 15.06.14 19:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: nous trouvions le bonheur en ne l'exigeant pas (harper)   14.06.14 21:20

Valentin ne culpabilise pas de faire du ménage pour gagner sa vie. Ce n'est pas de sa faute. Et il n'y a rien de honteux à ce fait. Cependant, c'est fatiguant et assez peu valorisant. Au vu des efforts qu'il fait, il mériterait d'être payé plus, mais ce ne sont pas des emplois bien rémunérés. La notion de pénibilité n'entre pas en compte quand on évalue le salaire, on pense avant tout aux diplômes et aux compétences nécessaires, et apparemment, les siennes ne sont guère suffisantes. Dire que son père gagne des dizaines de fois plus en faisant un travail certes très prenant mais beaucoup moins fatiguant... Passer des heures assis derrière un bureau, ce n'est pas la même chose que passer des heures à astiquer les meubles et balayer le sol. Valentin en sait quelque chose, il étudiait autrefois. Il connaissait une fatigue intellectuelle, c'était vrai, mais il avait encore de l'énergie à revendre. Là, il se sent complètement vidé. Il n'a plus envie de grand-chose. Le soir, même la télévision lui demande trop d'efforts, il va souvent se coucher tôt. C'est sans doute la raison de son calme. Il n'a pas assez d'énergie pour s'exciter. Pour être un véritable vivant. Les émotions sont si fatigantes... y compris la démotivation qu'il subit. Harper doit le trouver bien fade. Enfin, si elle le supporte, tout va bien, n'est-ce-pas ? Lorsqu'il lui annonce son intention de changer d'emploi, la jeune femme s'inquiète tout de suite. En effet, ils ne se connaissent pas très bien, mais ils sentent qu'ils peuvent faire confiance en l'autre. En tout cas, c'est manifeste pour le Français. Il ne doute pas que Harper saurait l'écouter. Mais il n'a pas envie de l'embêter avec ses problèmes. La pauvre a déjà bien assez à faire, et il culpabilise de l'inquiéter comme cela. Aussi secoue-t-il la tête. « Non, non, je t'assure qu'il n'y a rien. Juste que j'aime changer d'air. » : ment-il de façon assez peu convaincante. Pas besoin de le connaître pour se rendre compte qu'il raconte n'importe quoi.

Harper finit par lui dire qu'elle pourrait parler de lui au patron, et une flamme se rallume en lui. Très faible, mais bien présente. Assez pour illuminer son visage d'un sourire joyeux et lui faire s'exclamer : « C'est vrai ?! » Il se sent soulagé à l'idée de ne pas avoir eu à lui demander directement, que ce soit elle qui le lui propose. Cela veut peut-être même dire qu'elle a envie de travailler à lui. Elle s'intéresse alors à lui ? Ils pourraient devenir amis ? Cela le rassure. Il a envie de devenir proche de cette jeune femme pétillante et dynamique. Il sent qu'elle lui fait du bien, qu'elle le sort un peu de sa léthargie. En sa compagnie, Valentin tend à devenir moins apathique. Lui qui a cessé d'avoir des rêves sent qu'il pourrait redevenir normal avec elle comme amie, même si, soyons honnêtes, cela ne lui donnera pas d'avenir. Le sien s'est définitivement fermé. « Oui, je serais ravi de t'avoir comme collègue, mais c'est juste que... ton patron recrute ? Et puis, je n'ai aucune expérience dans le domaine, ça ne le dérangerait pas ? » Bien qu'envahi par la joie, il ne peut s'empêcher d'éprouver de l'angoisse. Il ne sait pas depuis quand il est devenu aussi peureux, en tout cas, il lui manque clairement un esprit d'initiative. Et il s'inquiète à l'idée de faire quelque chose de mal. Parce qu'il n'a plus vraiment confiance en lui. Parce qu'il s'est montré faible par le passé et que cela l'a fait quitté la France, alors qu'il n'avait de problèmes avec personne, sinon avec son « ami ». Ce genre de choses le fait encore souffrir, mais il n'ose pas en parler à Harper. C'est trop intime. Et il a l'impression d'être un idiot.
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MessageSujet: Re: nous trouvions le bonheur en ne l'exigeant pas (harper)   15.06.14 19:18




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Pourquoi restait-il toujours sur la réserve ? J'étais persuadée qu'il me cachait quelque chose volontairement. La raison, je l'ignorais. Mais je pouvais comprendre qu'il ne souhaite pas tout dévoiler à une inconnue. Chacun devait pouvoir avoir un jardin secret, garder pour soi des éléments de notre vie privée. De plus, comment pouvait-il savoir si il devait me faire confiance. On se connaissait à peine. De mon côté, je savais que je pouvais lui faire confiance. Depuis mon accident, j'avais une sorte de sixième sens qui me permettait d'à peu prêt connaître les gens. « Non, non, je t'assure qu'il n'y a rien. Juste que j'aime changer d'air. » Sa voix se voulait convaincante mais je n'étais pas à cent pour cent convaincue. Il était vraiment mystérieux. « Bon, d'accord. » répondis-je, fronçant légèrement les sourcils. Il finirait bien par me dire ce qui le tracassait. J'en viens à lui parler de mon patron et de ce que je pourrais lui dire à propos de lui. « C'est vrai ?! » Son visage s'éclaira d'un sourire, et pour la première fois je pu voir la sincérité sur son visage. Il était réellement surprit. Pourtant je n'avais pas promis la lune. Valentin était un garçon simple. Il n'avait pas besoin d'extravagance, de promesses irréalisables. C'était ce que j'aimais chez lui.

Je lui avouais être heureuse de peut-être travailler avec lui. Notre équipe fonctionnerait bien étant donné que nous nous entendions assez bien, et que je sentais qu'il débordait de motivation. « Oui, je serais ravi de t'avoir comme collègue, mais c'est juste que... ton patron recrute ? Et puis, je n'ai aucune expérience dans le domaine, ça ne le dérangerait pas ? » Toujours cette inquiétude qui revenait. Il se sous-estimait assez. Je penchais la tête sur le côté, lui souriant. « Il m'a engagé en sachant pertinemment que j'étais amnésique et donc dans l'incapacité de servir un café correctement, boiteuse de surcroît. T'aurais du voir mes premiers pas ici, une catastrophe. » dis-je en riant légèrement. Ca avait été dur au début mais à force de patience et de persuasion, ça avait finit par payer. « Alors il serait bien bête de refuser un garçon en pleine forme, qui pourrait porter des trucs lourds et d'un sourire, récupérer des pourboires. » Valentin était assez mignon dans son genre, et le charme à la française aiderait sûrement avec les clientes. Quelques mots dans sa langue maternelle et il les emballerait toutes. « Pour ce qui est du recrutement, je ne sais pas où il en est. On est pas tellement nombreux dans l'équipe, et je ne saurais t'affirmer qu'il cherche des gens. » Son visage se décomposa un peu alors je me rattrapais. « Mais ! Mais une candidature spontanée peut changer tout ça, et je pourrais vraiment te vendre à ses yeux. T'aurais plus qu'à lui montrer que t'es genre méga-motivé et que t'as du temps libre pour tout les horaires. Même les fermetures tardives. » Étant donné que je ne dormais pas beaucoup, quitter tard le travail ne me gênait pas. Ça me faisait de l'argent en plus, du temps d'occupé et des anecdotes à raconter à ma cousine. Quand à Valentin, j'étais persuadée qu'un poste comme celui-là l'aiderait. « Je te garantis pas que tu commences par du ménage ou de l'inventaire. C'est jamais super glamour au début mais bon, c'est déjà ça. » J'avais accepté toutes les missions parce que je voulais absolument travailler et m'occuper l'esprit. Mais je devais avouer qu'être barista était quand même plus sympas. Je surveillais ma montre du coin de l’œil. « Ça te plairait alors ? » Je connaissais d'avance la réponse mais je voulais l'entendre clairement de sa bouche.

Je remettais mon tablier en place avant de m'attaquer à mes cheveux, j'attachais ma crinière rose en une queue de cheval haute pour ne pas être déranger. Je pensais sincèrement que le boss m'aurait dit de changer de couleur, mais non, il avait même trouvé ça drôle. Et les clients aussi. Ils aimaient qu'on soit un peu original, tant que leurs commandes arrivaient à bon port. « Je vais devoir reprendre le boulot mais tu peux me tenir compagnie au bar. Il n'y pas grand monde aujourd'hui alors je peux discuter. Et p'tetre même que je pourrais te faire tester la machine à café. » dis-je en lui faisait un clin d'oeil.

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MessageSujet: Re: nous trouvions le bonheur en ne l'exigeant pas (harper)   16.06.14 19:58

Valentin n'est pas du genre à nourrir des espoirs, depuis qu'il a quitté la France. Il est plutôt le gars taciturne extrêmement flegmatique, terre-à-terre, morne. Pas le genre à s'exciter pour peu. Pourtant, il lui a suffi d'un mot de Harper pour qu'il s'enflamme. Il sent ce petit feu qui brûlait en lui, cet optimisme incroyable qui le traverse. Il déteste la sensation de joie qui l'habite, au fond. Une partie de lui la trouve si illusoire, trop dangereuse pour son bien être personnel. Il pourrait vaciller. S'il tombe, il tomberait de haut, et la chute n'en serait que plus dure. Au fond, il ferait mieux de rester sagement à sa petite vie. Mais il ne peut en faire autrement. Il est humain, il se réjouit quand il tombait sur quelque chose de bien. Tout comme il se réjouit malgré lui d'avoir trouvé une personne aussi généreuse que Harper. Elle s'efforce de le rassurer : le patron l'a bien embauchée malgré tous les obstacles qui se présentaient à elles, ce qui est un encouragement suffisant. Cela pourrait le motiver, mais comme elle le précise, il ne recrute actuellement pas. Et Valentin n'est pas aussi confiant en ce qui concerne la réussite d'une candidature spontanée. Sans compter qu'il n'a pas vraiment envie de faire des fermetures tardives, il lui arrive de faire des heures en plus après le boulot, ce serait donc difficile à gérer. « C'est très gentil, mais je devrais peut-être attendre quand même. Je vais peut-être trop vite, si ça se trouve, c'est juste une mauvaise passe donc... » Il y a quelque chose qui le dérange dans le fait de compter sur Harper. C'est vrai, il est venu la voir pour lui demander ce poste, cependant, il se rend bien compte à présent d'à quel point c'est honteux de compter ainsi sur elle. Il n'arrive pas à lui dire oui. Il se sent forcé de s'enfuir et de faire comme s'il n'en avait pas vraiment envie. Et puis, comment savoir ce qu'il souhaite véritablement ? Les choses sont devenues tellement compliquées à ses yeux. Peut-être qu'il a juste envie de mourir et d'arrêter de penser à toutes ces choses. Ce serait beaucoup plus simple comme ça. Et il ne manquerait à personne, sa famille ne saurait pas qu'il serait mort et à Fairbanks, personne ne tenait assez à lui pour en concevoir une vive douleur. Quoique, Harper pleurerait peut-être.

La jeune femme doit terminer sa pause, et Valentin lui emboîte le pas. « Comment fonctionne la machine à café, donc ? » : demande-t-il sans mimer l'intérêt. Il la trouve plutôt jolie en tablier, est-ce qu'il devrait porter une chose pareille ? Sur lui, ça ne rendrait pas aussi bien. Ils retournent donc au comptoir et Valentin la rejoint, quoiqu'un peu hésitant. « Parce que je n'ai pas dit non, donc ça peut toujours servir. » N'empêche qu'il n'arrive pas à la regarder, il se sent tellement insuffisant... Cette expérience pourra sans doute tester sa détermination, et voir si un tel emploi l'intéresserait. Même s'il risque de passer par la case ménage quasi exclusivement, ce qui ne constituerait pas une amélioration réelle de sa condition actuelle...
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MessageSujet: Re: nous trouvions le bonheur en ne l'exigeant pas (harper)   17.06.14 19:45




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Comme à son habitude, Valentin restait assez calme. J'avais beau essayer de le convaincre de postuler au café, je sentais bien qu'il n'oserait pas. Il faudrait que j'arrive à le sortir de sa coquille. Je pouvais sentir qu'il était gêné, alors je l'encourageais en souriant. « C'est très gentil, mais je devrais peut-être attendre quand même. Je vais peut-être trop vite, si ça se trouve, c'est juste une mauvaise passe donc... » J'étais un peu déçue mais je ne lui montrais pas. Après tout, il avait le droit de refuser, de réfléchir. Je ne savais pas exactement ce qu'il se passait dans sa vie. Il avait peut-être des problèmes qui le forçait à chercher du travail, mais il ne voulait pas en parler. Et travailler avec moi serait peut-être problématique pour garder sa vie privée. « Comme il te plaira Val. » répondis-je en souriant.
Je lui indiquais que ma pause allait bientôt se terminer et qu'il faudrait que je retour travailler, mais que sa présence était la bienvenue. Ce n'était pas dérangeant pour moi d'avoir quelqu'un pour me tenir compagnie pendant mon service. J'étais apte à servir les clients et à papoter en même temps. Il sembla trouver l'idée agréable puisqu'il me suivit, me demandant donc comment fonctionnait la machine. « Comment fonctionne la machine à café, donc ? » Je laissais échapper un petit rire. J'avais réussis à éveiller sa curiosité.

Je passais derrière le bar alors qu'il s'installait face à moi. Pendant un dixième de seconde, je cru voir qu'il m'observait. Je lui offrais un sourire chaleureux, voulant le mettre à l'aise « Parce que je n'ai pas dit non, donc ça peut toujours servir. » J'étais contente de savoir qu'il envisageait quand même de tenter de travailler ici. Je sortis une tasse de sous le bar avant d'ajouter « Tu vas voir, c'est plutôt simple. » Je me retournais vers la machine, veillant à ne pas lui boucher complètement la vue. « J'avoue qu'au début, il est possible que j'ai râte plusieurs de mes cafés. Mais maintenant, je me suis améliorée hein. » Je positionnais la tasse sur le socle avant de prendre une dosette dans le panier. « Tu lèves le couvercle, tu met la dosette avec la partie plate en dessous »explicais-je en exécutant ce que je disais, rigoureuse dans mes actions. Je refermais et poursuivais « T'appuies sur le gros bouton là pour charger la machine, et … Voilà. Quand ça clignote, tu ré-appuis dessus et tadaaa ! » Je pointais du doigt le liquide qui coulait dans la tasse. Nous utilisions majoritairement cette machine mais parfois mon patron sortait son antiquité et moulinait le grain de café. Je détestais le café, mais je devais avouer que ça rendait la boisson plutôt classe de le faire de cette façon. Une fois la boisson terminée, j'attrapais la tasse précautionneusement afin de ne pas me brûler et la plaçait devant lui. « Tu veux du sucre ? » Je savais d'avance qu'il serait gêné que je lui offre ce café, mais ça me faisait plaisir. Vraiment. Valentin était quelqu'un qui ne demandait jamais rien, qui semblait vouloir s'effacer et surtout ne déranger personne. J'appréciais ce côté de sa personnalité mais cela m'attristait aussi. Si il avait des soucis, il ne chercherait jamais à demander l'aide et ça, ça m’embêtait. Je pris un torchon, l'humidifiait légèrement avant de le passer sur le bar.« A part le boulot, qu'as-tu de beau à me raconter ? » Un autre sujet de conversation pourrait l'aider à se livrer un peu plus.

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MessageSujet: Re: nous trouvions le bonheur en ne l'exigeant pas (harper)   18.06.14 11:20

Valentin n'a pas envie de décevoir Harper. Il sait à quel point il peut être insuffisant et ne voudrait pas que la jeune femme se dise qu'elle a consacré tout ce temps à un individu qui n'en valait pas la peine. Il ne saurait lui en vouloir d'avoir une telle opinion de lui, puisqu'il la partage. Il sait très bien qu'il n'est plus ce brillant Galahad dont le nom même, qui évoque celui d'un chevalier, laisse entendre à quel point il pouvait être extraordinaire. A Fairbanks, dans cette ville où les températures ont souvent été plus basses que celles qu'il a pu connaître à Paris, il n'est rien, juste une ombre qui se meut avec l'énergie du désespoir et n'espère qu'une seule chose : se trouver une petite place où elle pourrait se poser et se faire oublier. Voilà comment est Valentin. Aussi, lorsqu'il lui dit qu'il n'est pas très sûr de lui, il a peur qu'elle lui en veuille d'être aussi indécis. D'abord il est content, ensuite il se rétracte de façon assez brusque. Il n'est pas très logique. Mais pour comprendre son comportement, il faudrait savoir ce qu'il ressent. L'idée de lui demander ce service n'a cessé de le plonger dans un profond malaise. Cependant, à l'extérieur, cela ne se voit pas, parce que Valentin a souvent une tête renfrognée, et que les expressions de joie y paraissent presque bizarres tant elles sont rares. Cela ne veut pas dire qu'il n'est jamais heureux, simplement qu'il ne le montre pas vraiment. Le jeune homme se comprend donc parfaitement, mais ce n'est pas hélas pas suffisant. En effet, à quoi bon si les autres ne comprennent pas, parce qu'on ne leur en laisse pas l'occasion ? C'est un peu ce qu'il fait avec Harper. Il sait qu'elle pourra devenir son amie, qu'elle pourra le comprendre, mais il ne lui a jamais dit ce qui le taraudait. Il refuse de lui offrir la clé de son âme, parce qu'il a peur de la donner à quiconque.

Cela lui fait tout drôle de se retrouver derrière le comptoir. Il se rappelle la première fois qu'il a enfilé une tenue de travail : cela le dégoûtait, mais il n'avait même pas la force de détester vraiment cette situation. Cette fois, c'est différent, il sent qu'il s'est habituer à l'idée de faire de son corps son principal instrument de travail, et non sa tête. Dire qu'il rêvait d'être violoncelliste. Avec son talent, il aurait pu se faire de l'argent, et rembourser sa dette à son «ami », tout en vivant bien à côté. Avec de tels emplois subalternes, en revanche, c'est impossible. Il faut noter que pour Valentin, un emploi subalterne correspond à tout emploi qui ne nécessite pas de diplôme ou de formation poussée ; c'est un reste de son éducation bourgeoise, mais il ne faut pas y voir là un mépris de sa part. Il a toujours pensé que de tels emplois étaient nécessaires, qui plus est, ayant déjà commis des vols, il sait pertinemment que le travail honnête vaut mieux que ce signe de sa déchéance. La jeune femme a beau exercer un emploi qui l'aurait fait frissonné il y a quelques temps, elle reste honnête, et par conséquent, elle peut être heureux. Il semble parfois à Valentin que le poids de ses péchés l'empêche de trouver le bonheur. Vieille culpabilité judéo-chrétienne, ou simple excuse ? Il observe la barista et ses mouvements, qui sont effectivement plutôt simples, et sans doute à la portée d'un imbécile comme lui. Quand elle finit, il l'applaudit avec un petit sourire, plus pour répondre à ses effets grandiloquents que pour la féliciter d'avoir réussi quelque chose d'aussi simple. Harper lui tend alors la tasse en lui proposant du sucre, et Valentin se mord la lèvre. Il sait très bien qu'il n'aura pas à payer pour cela, et c'est précisément ce qui le gêne. Il n'aime guère dépendre de quelqu'un d'autre. Cela dit, l'odeur du café lui fait affreusement envie. Et puis, les amis pouvaient bien profiter un peu des autres de temps en temps, non ? Valentin baisse légèrement la tête, mais répond : « Sans sucre, merci. » Il prend délicatement la tasse de café, veillant à ne pas se brûler, souffle un peu dessus et goûte le café. Il aime bien l'amertume, aussi le goût lui convient.

Valentin reste un instant les yeux dans le vague, se demandant ce qui peut bien valoir le coup d'être raconté. Le fait qu'il ne lui reste plus de céréales et que cela le met de mauvaise humeur le matin ? Sa maladresse le jour où il appuyé trop fort sur le tube de dentifrice et que celui-ci a tâché son T-shirt vert pomme, qu'il adore ? Ou bien encore qu'il a passé la soirée allongé sur son lit, en souffrant d'un mal de dos terrible ? Cela le fait sourire. La vie est tellement contingente, et la sienne bat très certainement des records. « De nouveaux voisins ont emménagé dans l'immeuble. Je leur ai un peu parlé, ce sont des gens très bien. Cela va me changer de la famille alcoolique qui vivait là avant. » Harper n'en a sans doute rien à faire de savoir cela, même si aux yeux de Valentin, c'est quelque chose de très important. Cela veut dire que ses conditions de vie se sont légèrement améliorés, et sans qu'il ait besoin de faire quoique ce soit. Cela ressemble presque à un cadeau divin. Il rit. « Je veux dire, ça fait tellement longtemps qu'il ne m'arrive que des trucs moches que je suis heureux d'apprendre qu'il y a aussi des choses bien qui se produisent. Tu vois ? » Il la regarde avec une sorte d'espoir qui lui donne l'air d'un petit chiot. Peut-être que ça a été aussi un déclencheur, dans sa vie. Que tout à coup, en voyant un problème s'arranger, un peu d'espoir s'est infiltré dans sa carapace et l'a touché en plein cœur. Il espère juste qu'il aura la force de survivre à son départ, parce que retrouver l'espoir pour le perdre encore une fois est très cruel. « Je devrais être plus positif, non ? Je ne sais pas comment toi, tu fais pour avoir toujours le sourire. Moi, j'ai l'impression que rien ne peut s'arranger. » Il hausse les épaules et reprend une gorgée de café, faisant bien attention à ne pas se brûler la langue. La fumée qui émane de la tasse vient lui chauffer le visage, de sorte que sa peau devient un peu rouge, comme si c'était de la honte. Quoique, à bien y réfléchir, il y a très certainement aussi un peu de gêne qui se cache là-derrière. De la gêne à l'idée de se dévoiler autant à quelqu'un.
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MessageSujet: Re: nous trouvions le bonheur en ne l'exigeant pas (harper)   28.06.14 21:21




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Je terminais le café, contente du résultat et me tournais vers lui pour le lui offrir. Il m’applaudit, geste auquel je répondis par une petite révérence. Lorsque je posais la tasse devant lui, je le vis hésiter. Comme je l'avais prévu, il ne savait pas si il pouvait accepter ou non. Valentin était vraiment quelqu'un de bien, mais parfois j'aimerais qu'il soit plus égoïste. Il avait le droit de profiter des autres, de ce qu'on pouvait lui offrir. « Sans sucre, merci. » Je lui souriais avant de pousser la tasse vers lui. J'attendais de voir si il refuserait ou non. J’enchaînais avec une autre question afin de relancer la conversation, de ne pas le laisser dans la gène. Il goutta le café, m'offrant un sourire de contentement. Mission accomplie. « De nouveaux voisins ont emménagé dans l'immeuble. Je leur ai un peu parlé, ce sont des gens très bien. Cela va me changer de la famille alcoolique qui vivait là avant. » Je sentais dans sa voix qu'il était content. Et ça, ça me faisait plaisir. J’acquiesçais d'un mouvement de tête. Peut-être serait-ce l'occasion pour lui de se lier à d'autres personnes. Il donnait l'impression d'être seul. « Je veux dire, ça fait tellement longtemps qu'il ne m'arrive que des trucs moches que je suis heureux d'apprendre qu'il y a aussi des choses bien qui se produisent. Tu vois ? » Des choses moches. Je l'interroge du regard. De quoi parle-t-il ? Qu'est-ce qui a pu lui arriver ? Là à cet instant je ressens le besoin de le protéger. Il semble être quelqu'un de pure que je ne voudrais pas que le moindre problème vienne entacher sa vie. Je termine de nettoyer le bar avant de poser mes coudes dessus, et d'appuyer mon visage dans le creux de mes mains. « Je devrais être plus positif, non ? Je ne sais pas comment toi, tu fais pour avoir toujours le sourire. Moi, j'ai l'impression que rien ne peut s'arranger. »

Je reste pensive. Je renvoie l'image de quelqu'un de positif mais au fond est-ce que je le suis vraiment ? Pas tellement. Ce qui m'est arrivé ces derniers temps est loin d'être positif, les conséquences non plus. Je pensais que revenir à Fairbanks aiderait mais je n'ai réussi qu'à perturber la vie de ceux que je connaissais. Clio est contente de me savoir en vie je le sais, mais je sais également qu'elle s'imagine aussi le jour où je disparaîtrais de nouveau, si tenter que ça arriver. Des amis pour qui je suis morte et enterrée, une famille dont j'ignore la position et Marlon. Oh Marlon. J'ai tellement chamboulé sa vie, j'ai fais renaître ses sentiments et les miens et je m'en veux pour ça. Je m'en veux de ressentir quelque chose pour lui parce que je n'ai pas le droit de revenir dans sa vie. « Oh tu sais...» dis-je en soupirant. « Quand on perd la mémoire, on oubli tout le négatif de sa vie. On oubli tout. C'est plus facile de voir la vie du bon côté quand on ne sait pas ce qui nous ait arrivé. » Il goûta de nouveau à son café, et ça me donna le sourire. « J'essaie de rester positive parce que je n'ai pas le droit de pleurer. J'étais morte aux yeux de tous, je les ai forcé à faire le deuil de mon existence et me voilà de retour du jour au lendemain. » Mon sourire se fana. Je ne savais pas ce que ça faisait de vivre cette situation, de voir un fantôme surgir au coin de la rue. « Je ne peux pas leur imposer ça, tu vois ?» Il fallait d'abord que je reprenne ma place. En partie du moins. Je voulais récupérer mes souvenirs, que je puisse mettre un nom sur chaque visage que je connaissais, que je puisse aller de l'avant. Je savais que Valentin comprendrait cela. J'avais l'impression qu'on pouvait bien s'entendre. « Tu sais, au début, je n'étais pas sur de revenir ici. Parce que je savais pas à quoi m'attendre, à ce que je pourrais apprendre. Et puis...» Je me relevais, reprenant mon torchon pour nettoyer le bar. C'était un peu une obsession. « Il s'est passé des choses. Certaines me donnent envie de rester, d'autres de disparaître.»dis-je en lui tournant le dos.

Je prenais conscience que je n'étais pas si positive que cela. Je refoulais mes mauvaises pensées, cherchant à ne plus y penser justement. Il faudrait sûrement que j'en parle, mais à qui ? Peut-être que mon psy de Sacramento pourrait aider. Je ne voulais pas impliquer de proches dans cette histoire, pas plus qu'ils ne l'étaient déjà. Après tout, vouloir redevenir Isla n'était peut-être pas une si bonne idée. Se raccrocher à son passé était peut-être la dernière chose à faire. La vie avait continué ici, je ne pouvais pas tout chambouler d'un coup. Je secouais légèrement la tête, chassant ces idées noires avant de passer la main sur mon visage en quête d'une larme versée. Je me retournais vers Valentin, lui offrant un sourire timide. « J'arrête de t’embêter avec tout ça, sinon je vais nous coller le cafard à tout les deux. La porte d'entrée sonna, signalant d'autres clients. Je les observais entrer, leur offrant un sourire amicale. C'était cela qui me remontait le moral. Ces gens inconnus qui venaient passer du bon temps au café, ils me donnaient le sourire parce qu'ils étaient simplement heureux. Ils ne se souciaient pas de leurs problèmes quand ils étaient ici. Le négatif restait dehors.


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MessageSujet: Re: nous trouvions le bonheur en ne l'exigeant pas (harper)   02.07.14 11:31

Il ne semble pas à Valentin qu'il soit dépressif, après tout, il arrive à s'en sortir et à renvoyer une image de lui qui, si elle n'est pas très joyeuse, est au moins aussi peu misérable que possible. Cela le rendrait presque fier. Presque. Juste qu'il ne voit pas pourquoi il serait fier de ne pas être déprimé, au vu de sa situation. Après tout, il est certain qu'il pourrait le devenir un jour. Heureusement, il y a des personnes pour le soutenir. Donc Harper. Il sait qu'un jour, il se confiera à elle et lui expliquera que tous ses problèmes n'ont qu'une seule source : lui-même. Et son idiotie, bien entendu. Parce que Valentin est quelqu'un de lâche, de peureux, qui a toujours été obsédé par l'argent et qui s'est toujours menti. Sans doute est-ce pour cela qu'il n'a pas envie de trop parler de son passé à Harper : il a peur de la réaction qu'elle pourrait avoir. Le Valentin qui endure son quotidien sans trop se plaindre ne correspond pas à celui qu'il est vraiment, ce Français exigeant et arrogant, ce Galahad qui se croit au dessus des autres. Elle n'a pas du tout idée de l'étendue de son ancienne fierté, et mieux vaut qu'elle n'en sache rien, car elle aurait du mal à le regarder en face. Heureusement que cette période est morte et enterrée, au moins, à présent, il a perdu son orgueil et ignore presque le sens de ce mot. Presque. On ne se refait pas, et Valentin sait qu'il a eu un jour une vie de privilégié, la vie que mène n'importe quel membre de la jeunesse dorée. Comme lui. Comme Cléon. Encore une personne dont il préfère ne pas parler, car les choses deviendraient vite fort compliquées. Et puis, comme le dit Harper, il y a pire. Elle, elle a carrément oublié. Peut-être que cela vaut mieux ainsi, si elle a de lourds secrets. Ou peut-être qu'elle a perdu quelque chose d'essentiel. Lui, Valentin, oublierait volontiers, mais ce serait un oubli choisi. Pas comme Harper. La pauvre. Il se sent compatissant vis-à-vis d'elle. Avoir un accident est une chose horrible. Cela l'aide à relativiser sa propre situation, à se dire qu'elle n'est pas si horrible que cela.

Il comprend ce qu'elle veut dire. C'est un peu ce qu'il a fait, imposer à ses proches une disparition douloureuse. Ses parents doivent encore en être tout retournés, et s'inquiéter pour lui. Il comprend, un peu. Harper se met à nettoyer le bar, avouant qu'elle n'était pas sûre de revenir ici. Le regard de Valentin s'assombrit. Il ne peut pas vraiment imaginer ce qu'elle ressent. Juste compatir, et soutenir. Au moins, il ne lui demande rien : ils ne se connaissaient pas avant, elle n'a pas besoin de se battre pour récupérer une place, faire attention à l'image qu'il avait d'elle avant. Ce doit être rassurant. Tout comme pour lui, c'est rassurant d'être face à quelqu'un qui ne le juge pas. Qui ne sait heureusement pas qui il est, ce qu'il a fait pour se trouver dans une telle situation. De tels amis, c'est rare. Puis Harper retrouve le sourire – même si celui-ci est encore faible – et retourne à son travail. De nouveaux clients sont entrés, aussi Valentin reste sagement dans son coin le temps qu'elle s'occupe d'eux. Une fois qu'elle a fini, il s'approche d'elle et lui passe un bras autour des épaules. « Merci, Harper. Je sais que tu es quelqu'un de bien. Même si tu n'as pas tes souvenirs. Ton cœur est généreux, c'est indéniable. C'est ce qui fait que tu es une personne complète malgré tout. » Valentin le pense sincèrement. Même sans ses souvenirs, Harper reste une vraie personne, et non l'ombre de ce qu'elle était avant. Elle peut se reconstruire. Cela prendra du temps, ce sera douloureux, mais c'est possible. Et il en est de même pour lui. Cela le rend incroyablement positif. Si elle arrive à garder le sourire, alors lui aussi. Et il étire les lèvres pour le lui montrer. « J'ai confiance. Je sais qu'un jour, on s'en sortira tous les deux. Toi de l'oubli, moi de la misère. Si tu as besoin de moi, en attendant, je suis là. Je ne suis pas doué pour écouter les autres, mais je fais des efforts. » Puis il rit légèrement, se sentant un peu plus apaisé qu'auparavant. Finalement, il a bien fait d'aller la voir. Il se sent mieux, comme si certaines questions qui le taraudaient avaient trouvé leur réponse. C'est sans doute à cela que l'on reconnaît une véritable amie, songe-t-il en dévisageant Harper. Un jour, il n'en doute pas, il lui expliquera tout. Elle sera peut-être même la première à savoir qui il est véritablement.
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